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Master Économie Internationale, Gouvernance et
Développement
Semestre 1
Abdelhamid EL BOUHADI Abdelkader EL KHIDER
Univers...
Le vocable de « macroéconomie » a été inventé par Frish, R. en 1933. Avec
Tinbergen, J., il participe à l’émergence de cet...
En revanche, la distinction véritable[1], savante et assez argumentée entre la
microéconomie et la macroéconomie est appar...
Chapitre 1. Origines et Évolution de
la macroéconomie
La macroéconomie est l’étude des équilibres économiques globaux, généraux
d’un État ou d’un secteur, à court terme[1]. Ces...
A l’opposé de ce que prêchent les classiques et les néoclassiques, le degré et
l’importance des flux ne se gèrent, ne se d...
Tandis que les néokeynésiens défendaient et affiner les idées du « Maître de
Cambridge », les postkeynésiens prenaient le ...
De même, selon les théoriciens de l’offre, la demande lorsqu’elle est excessive,
elle comprime les conditions de productio...
Section 1. L’apport des physiocrates et des classiques
On peut historiquement situer les origines de l’analyse macroéconom...
en un mot à la valeur. La théorie physiocratique est une théorie de la valeur-
substance incomplète puisqu’elle se base à ...
Le principe macroéconomique énoncé dans la pensée physiocratique par le
« docteur » Quesnay dans son tableau économique (1...
Avec les classiques, en particulier chez les plus optimistes parmi eux (Smith et
Say), on avait l’habitude de faire « fi »...
Durant cette période, de nombreux bouleversements économiques et sociaux
ont véritablement secoué le monde. Le résultat en...
Section 2. L’apport de Keynes et des keynésiens
Avec Keynes, une nouvelle manière d’expliquer théoriquement les problèmes
...
La période 1945-1973, baptisée par Jean Fourastié les « trente glorieuses »,
marqua l’histoire par l’application des polit...
A l’opposé de ce que prêchent, en filigrane, la pensée physiocratique et la pensée
classique, la « société keynésienne », ...
A l’opposé des néoclassiques, mais aussi de tous ses prédécesseurs, Keynes ne
fait pas d’inventaire (de nomenclature) de b...
La deuxième unité économique de mesure utilisée par l’approche keynésienne
est le « temps ». Selon Keynes, « le plus court...
c’est énoncer une proposition analogue par sa nature à l’affirmation que la Reine
Victoria était une souveraine meilleure ...
2.1. La révolution keynésienne
La théorie générale est une théorie qui a révolutionné l’analyse économique ou
d’au moins r...
Pour Keynes et les keynésiens, le chômage est involontaire. Autrement dit, il
existe des demandeurs d’emploi qui acceptent...
Baisse de la demande globale
Baisse de revenu global
Baisse de la demande d’encaisses à des fins de transaction et de
préc...
Les autorités monétaires peuvent renforcer ce mouvement par une politique
d’expansion monétaire. Si la baisse de taux d’in...
En effet, selon Keynes et les keynésiens, l’inefficacité de la politique monétaire
peut théoriquement résulter des caracté...
De même, comme Marx, Keynes rejette l’hypothèse d’équilibre sur les marchés
formulée par les classiques et les néoclassiqu...
La formule sayienne de « l’offre crée sa propre demande » est une aberration. La
demande peut se détourner de l’offre comm...
Le salaire nominal
Quantité du travail0
FIG1. Déséquilibre sur le marché du travail suivant la vision keynésienne
W1
QL1
S...
À partir de la figure 1, toute récession peut provoquer une diminution de la
demande de travail émanant des entreprises de...
Le déséquilibre sur le marché des capitaux est induit par la hausse sensible de
l’épargne. L’approche classique suppose qu...
c’est vrai aussi que cette baisse des taux d’intérêt (de r1 à r2 sur la figure 2)
induira une certaine hausse de l’investi...
Taux d’intérêt
Capitaux investis (I = S)0
FIG2. Déséquilibre sur le marché des capitaux suivant la vision keynésienne
r1
I...
L’analyse keynésienne du cycle des affaires est basée sur la confiance et sur les
anticipations (prévisions des entreprene...
Keynes réagit farouchement contre l’hypothèse de neutralité de la monnaie ; il
critique le principe sayien du « voile moné...
2.2. Les continuateurs de Keynes
Dès sa publication en 1936, la Théorie Générale de Keynes a suscité de
nombreuses réactio...
En effet, les premiers disciples de Keynes peuvent être classés en deux grands
groupes ou tendances selon qu’on considère ...
La synthèse néoclassique du keynésianisme a commencé avec le célèbre
article[1] de Hicks en 1937, juste une année à peine ...
L’article de Hicks tente de faire une synthèse des deux approches : classique et
keynésienne. Hansen[1], ne se cachant pas...
Cette synthèse théorique entre l’approche néoclassique et l’approche
keynésienne, visualisée dans le modèle IS-LM porte en...
Section 3. La contre-révolution monétariste et de la nouvelle école
classique :
Le monétarisme est fondé sur une variable ...
C’est un monétariste, Karl Brunner, qui a inventé le mot monétarisme en 1968.
Comme l’a dit lui-même, « Premièrement, les ...
Comme le précise Alan Meltzer dans The Structure of Monetarism (1998), « en
économie comme dans les autres sciences en dév...
On peut situer le point de départ de cette controverse à la parution du livre
« Études sur la théorie quantitative de la m...
L’évolution de la conjoncture américaine et celle du système monétaire
international, étroitement liées, expliquent que la...
Guillaumont, S.G., dans son livre « Pour la politique monétaire »[1], tente de
montrer pourquoi les keynésiens réduisent l...
Depuis 1956, la tentation monte, les monétaristes contestent les arguments de la
politique budgétaire au profit de ceux de...
Pour illustrer l’idée de Friedman, prenons l’exemple des heures supplémentaires
financées ou subventionnées par l’État dan...
Une autre critique monétariste, moins technique que celle relative à la fonction
de demande de monnaie provient du caractè...
Une dernière critique adressée aux keynésiens, plus radicale que celle des
monétaristes, est attribuée aux tenants de la n...
Toutes ces critiques méritent une certaine prudence quant à leur validité et
acceptation dans la mesure où les politiques ...
Chapitre 2. le Modèle Keynésien
Simplifié
Dans un modèle Keynésien simplifié, on considère que l’économie est
composée de deux d’agents, les entreprises et les ména...
Une augmentation du revenu se traduit par une hausse à la fois de la
consommation et de l’épargne, une baisse du revenu se...
Ainsi, une baisse de l’investissement ne peut que générer une baisse de la
production et donc du revenu. Cette baisse du r...
Section 1. Les fonctions de consommation et d’épargne
Comme nous l’avons rappelé ci-dessus, l’analyse keynésienne privilég...
Les ménages dont la fonction principale est de consommer consacrent une partie
de leur revenu à cet effet. Pour traduire c...
C C
2C 2C c
1C
1C 0C
c
1Y 2Y Y 1Y 2Y Y
1. Fonction linéaire 2. Fonction affine
cYC  avec 10  c 0CcYC  avec 10  c
Y
...
La relation entre consommation et revenu s’exprime par la propension à
consommer; il faut en effet distinguer:
 la propen...
 Dans le deuxième cas de figure (2), la consommation incompressible
0C est positive ; on a : .0CcYC  La proportion moye...
 Enfin, dans le dernier cas de figure (3), la propension marginale et la
propension moyenne varient suivant le niveau de ...
1.2. La fonction d’épargne
L’épargne (notée S) apparaît chez Keynes comme un résidu (le reste) ;
c’est-à-dire la partie du...
La somme des propensions moyennes à consommer et à épargner est égale
à l’unité ; il en va de même pour les propensions ma...
Et puisque, ,10  c 01  c
dY
dS
La formulation [2] montre que l’épargne est fonction croissante du niveau
de revenu ; ...
Revenu disponible
Consommation
C=0,7Y+14
Epargne
S=0,3Y-14
0 +14 -14
10 +21 -11
20 +28 -8
46,66 +46,66 0
100 +84 +16
200 +...
D’après les calculs consignés dans le tableau ci-avant, nous remarquons que le
seuil de rupture ne permettant pas de dégag...
W = Y (première bissectrice)
C = 0,7Y+14
C0 = +14 S =0,3Y – 14
45°
0
46,66r
Y  Y
C0 = – 14
Utilisationde Revenu et « Seui...
Nous remarquons qu’à gauche de seuil de rupture rY , la consommation est
supérieure au revenu et le résidu (le solde entre...
prévisions de moyen et long terme, celles notamment issues de la dynamique de
la demande effective.
En effet, Keynes fait ...
A l’opposé de ce que prêche la théorie classique, la théorie keynésienne fait
relativement dépendre l’investissement de la...
2.1. Le multiplicateur d’investissement et le niveau de revenu
Selon les keynésiens, l’augmentation de l’investissement en...
 Hypothèse 1 : Relation en forme de « L » renversé entre le niveau de
production ou revenu et la variation des prix ;
P
V...
En période de sous-emploi, tant que le niveau de production est inférieur à un
certain seuil YPE (qui est le niveau de rev...
Hypothèse 2: Constante des capacités de production
Il est supposé, dans le court terme, que le niveau de la force du trav...
2.1.1. L’équilibre des prix et le multiplicateur statique
Par équilibre, on entend l’égalité entre l’offre globale (le niv...
(3) Y = C + S (équation de définition)
Compte tenu des équations de définition (2) et (3), la condition (1) d’équilibre
su...
Le multiplicateur d’investissement est le coefficient qui compare l’ampleur de
modification subie (la variation de revenu)...
Quant à l’investissement, il est supposé exogène ; il est déterminé, par exemple,
par l’Etat ; il en maîtrise l’effort ; d...
Soit dC le supplément de consommation réalisé dans la nouvelle situation
d’équilibre, celle-ci étant définie la condition ...
(11)
dI
dY
k  (équation de définition)
A partir de (10) et en remplaçant dI dans (11) par sa valeur, on a :
dCdY
dY
k

...
Ou encore :
(13)
s
k
1

Comme 0 < s < 1, on a k > 1, d’ou le nom de multiplicateur.
Ainsi, la valeur du multiplicateur d’...
Exemples :
Si c = 1/2, s = 1/2, k = 2
Si c = 4/5, s = 1/5, k = 5
Si c = 9/10, s = 1/10, k = 10
Si c = 99/100, s = 1/100, k...
2.2. Le multiplicateur de dépense
En rappelant le principe keynésien de circuit simplifié à deux agents, nous
pouvons dire...
Ménages
État
Entreprises
B&M
C
Y
G
T
S I
E
C : Consommation
I : Investissement
G : Dépenses de Gouvernement
S : Épargne.
Y...
2.2.1. L’intervention de l’État et la politique budgétaire
L’analyse keynésienne a permis d’intégrer le rôle des finances ...
2.2.2. L’action sur le niveau de la demande globale
Nous prévoyons deux grandes hypothèses quant à l’action de l’État pour...
 Première Hypothèse: Hausse des dépenses publiques sans augmentation
des impôts
Dans l’équation de Y précédente, il l’on ...
Une augmentation de la dépense publique entraîne donc un accroissement plus
que proportionnel (effet multiplication) du ni...
En pratiquant une politique de relance de la demande globale, l’État
augmente ses dépenses de ;G le montant de l’investis...
 Seconde hypothèse : Hausse de dépenses publiques financées
entièrement par une augmentation équivalente des impôts
Dans ...
Une conséquence importante en résulte : pour lutter contre la récession et
le chômage, il est plus efficace d’augmenter le...
Dans ce cas, la variation du revenu est :
( )
1
final initial
G c T
Y Y Y
c
  
   

Par hypothèse ,G T   alors ...
EXERCICE
Soit la fonction de consommation keynésienne, affine, suivante :
C = 350 + 0,65 Y
Questions :
1. Qu’indiquent les...
Réponse :
1. C indique la consommation finale des ménages et Y indique le
revenu disponible.
2. 350 et 0,67 représentent r...
4. Le tableau suivant consigne les valeurs de C et S pour les trois
valeurs de Y :
Y C S
800 870 -70
1000 1000 0
1200 1130...
Le compte du secteur institutionnel « Ménages » se présente dans les
trois cas comme suit :
Chapitre 3 : Le modèle keynési...
Le premier cas (Y = 800) présente une insuffisance de revenu. Le revenu dont
dispose les ménages ne suffit pas à combler t...
5. Pour représenter les deux fonctions de consommation et d’épargne, il suffit de
tracer dans un diagramme à 90° (sur l’ax...
On remarque que les propensions moyennes à consommer baissent reflétant la
loi psychologique keynésienne de consommation, ...
Chapitre 3. Équilibre keynésien de sous-
emploi et modélisation IS/LM
Le modèle IS/LM est dû à deux auteurs atypiques, difficilement classables que
sont Hicks et Hansen. Les deux auteurs adopt...
Le modèle IS/LM tente de présenter sous forme de graphiques les conditions
d’équilibre sur le marché des biens (IS) et sur...
Section 1. Les conditions d’équilibre sur le marché des biens et services
Sur le marché des biens et services, pour qu’il ...
(1) SIICY  (équation de définition : il
s’agit d’une condition néoclassique relatant le
fait que toute l’épargne est i...
En remplaçant dans Y, C et I par leurs valeurs, on a :
(2) giIcYCY  00
D’où :
giICcY  00)1(
Et la relation implici...
A partir des formulations ci-dessus, on peut déduire immédiatement le
signe de la pente ; on a en effet :
(7) 0/)1(/  ...
i
g
IC 00 
IS Y
g
c
g
IC
i




100
0
c
IC


1
00
Y
La courbe ISetl’équilibresurlemarché des biens.
On note que si 0I s’accroît, l’ordonné à l’origine s’accroît aussi et la droite
se décale vers la droite. De même si 0g (...
• Selon Keynes, la monnaie peut être demandée pour elle-même et pas seulement
pour acheter d’autres biens, il y a une dema...
2.2. La fonction de demande de monnaie
Keynes est amené à présenter, en première approximation, une fonction de
demande de...
La deuxième composante, notée L2, représente la demande de monnaie pour la
spéculation ; elle dépend du taux d’intérêt, la...
La décroissance de L2 en fonction du taux d’intérêt ne vaut donc que pour un
niveau de l’intérêt supérieur à im, seuil pou...
i
iM
iYL   pour ),( Mm iii
im
L1(Y) L
La courbe de la fonctionde demande de monnaie.
 Pour ,Mii  0)(2 iL et donc )(1 YLL  qui ne dépend pas du taux
d’intérêt mais du seul niveau de revenu et de productio...
i
iM
),( iYLL 
im
L
La courbed’une fonction dedemandede monnaieconcave.
2.3. Offre de monnaie et équilibre sur le marché monétaire
L’offre de monnaie est la quantité de monnaie offerte, mise à l...
M2
M1
i2 M M3 M4 M5
i1
i
i3 ),( iYLL 
im
L
Restriction Expansion
monétaire monétaire
Offre de monnaie et équilibre sur le...
Sur le marché monétaire, il y a équilibre entre l’offre de et demande de
monnaie ; sur le graphique, cet équilibre corresp...
a) L = M
b) 21 LLL  (La demande de monnaie peut s’exprimer en termes
réels L/P et on peut des fois lui adjoindre une dem...
i
iM
LM
im Y
M
i O





O
M
M
Y  Y
i
LM
i (Y)
im

O
M
M
Y  Y
La courbe LMet l’équilibre entre offre et demande d...
Il vient :
OMiY   pour Mm iii 
D’où dans ce même intervalle :
iMY O  
Y
M
i O



 ; soit 0
dY
di
La relat...
En outre, quand ,mii  la demande de monnaie devient infiniment
élastique par rapport aux variations du taux de l’intérêt ...
Avec le développement du niveau de l’activité, le taux d’intérêt croît jusqu’à
atteindre iM, seuil supérieur pour lequel t...
Section 3. Équilibre conjoint des marchés
Les analyses précédentes ont pour objet de montrer l’équilibre pour chaque
march...
i
LM
i
IS
Y PEY Y
Équilibreconjoint sur les deux marchés de biens et services et monétaire.
Le point d’intersection entre les deux courbes (qui sont des droites)
représente le couple unique de valeurs de Y et de i ...
wNpQ ;
En d’autres termes, le profit est égal à la quantité Q multipliée par le prix
p ; le tout diminué du salaire ver...
La condition de maximisation du profit indique donc qu’il doit y avoir
égalité entre le salaire réel et la productivité ma...
p
w
1






p
w







p
w
fNO







p
w







p
w
N D 
1
DN 
N 1
ON N
Équilibresur...
Nous avons :
 






p
w
ND  avec 0 ; cela veut dire que la demande du travail
(qui émane des entreprises) e...
Explication du graphique :
Au niveau du salaire ,
1






p
w
la quantité de travailleurs demandée par les
entrepr...
3.2. La position de Keynes
La rupture essentielle avec la théorie néo-classique est que Keynes constate
que les contrats d...
p
w







0p
w
fN O
0
0
p
w







0p
w
ND 
1
N 
N N
Équilibre surle marchédu travail et positionnéoc...
Deux remarques quant à la position réfutable de l’approche néoclassique de
Keynes peuvent être avancées :
non seulement Ke...







0p
w
fN O
p
w







0p
w
fN O
DN
0
0
p
w
p
w

0
1
N 2
N 
N N
Équilibre sur le marchédu travai...
Selon Keynes : « il existe des chômeurs involontaires si, en cas d’une légère
hausse du prix des biens de consommation ouv...
NO
p
w
DN
0
0
p
w N’O
p
w

0
DN 
2
N 1
N 
N N
Hausse des prix, impact sur la demande du travail selon les néoclassiques.
Explication :
La légère hausse du prix des biens de consommation ouvrière entraîne
comme dans le cas précédent, un déplace...
3.3. L’inefficacité de la politique néoclassique des ajustements par les prix
Le retour au plein emploi selon les néoclass...
LM0
i LM1
LM2
IS
0Y 1Y 2Y PEY Y
L’influence de l’expansion monétaire sur la baisse desprix et l’augmentation de l’emploi.
Explication du graphique :
Le déplacement de la courbe LM n’est pas synonyme de l’expansion monétaire.
La baisse des prix ...
i
LM0
LM1
LM2
Y PEY Y
L’inefficacité de la baisse des prix selon les keynésiens.
Explication du graphique :
A un certain seuil de taux d’intérêt, le plus faible (le minimum qui correspond
à la trappe à l...
Cas N° 4
Soit une économie keynésienne fictive se caractérisant par les relations
entre les variables macroéconomiques exp...
Correction Cas N° 4 :
a.
Il faut tout d’abord définir les fonctions des courbes (droites dans notre
cas) IS et LM :
- la d...
La courbe IS peut s’interpréter ici de deux manières équivalentes :
Interprétation keynésienne : C’est le niveau de produi...
b.
- la droite LM est l’ensemble des couples Taux d’intérêt/Revenu pour lesquels le
marché de la monnaie est en équilibre....
0 1 2
2 0 1
( ) ( )
( ) ( )
S D
S
S
M M
P P
M
L L Y L i
P
M
L i L L Y
P

  
  
L’équilibre sur le marché de la monn...
Si 2 0,L  on aboutit alors à l’expression de la courbe LM (qui est un
ensemble de points exprimant les couples (i, Y)) su...
: 1750 19600
0,0837 8,37% 108,37
: 100 100
IS Y i
i Y
LM Y i
 
    
 
d.
Pour répondre à cette question, il fa...
Alors, si nous utilisons l’arme monétaire en augmentant l’offre de monnaie
afin de réduire les taux d’intérêt et de relanc...
Nous cherchons maintenant le nouvel point d’équilibre correspondant à
l’intersection entre la courbe IS et la courbe LM. N...
Chapitre 4. Le modèle IS/LM en Économie
Ouverte
Macroéconomie approfondie2016
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Macroéconomie approfondie2016

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La macroéconomie est l’étude des équilibres économiques globaux, généraux d’un État ou d’un secteur, à court terme[1]. Ces équilibres sont liés à des phénomènes ou à des comportements de consommation, d’épargne, d’investissement, de production, de revenu, de répartition, etc. Il ne faut pas confondre ces équilibres globaux avec l’équilibre général walrassien. Ce dernier est un équilibre d’interdépendance des marchés, considérés isolément (si l’équilibre existe sur un des marchés, tous les autres marchés s’auto-équilibrent automatiquement et spontanément). Les équilibres macroéconomiques sont des équilibres en nombre limité, parfois indépendants ou partiels, voire isolés. La logique de fonctionnement et de réalisation de ces équilibres est liée à la relation qui existe entre les agrégats à travers le principe de circuit. Qui dit circuit, dit flux ; qui dit flux, dit niveau ; qui dit niveau, dit stock ; qui dit stock, dit stock initial et stock final.
[1] Le court terme en macroéconomie est une période comprise entre une année et trois ans.

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Macroéconomie approfondie2016

  1. 1. Master Économie Internationale, Gouvernance et Développement Semestre 1 Abdelhamid EL BOUHADI Abdelkader EL KHIDER Université Cadi Ayyad Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales, Marrakech Département de Sciences Economiques Macroéconomie approfondie
  2. 2. Le vocable de « macroéconomie » a été inventé par Frish, R. en 1933. Avec Tinbergen, J., il participe à l’émergence de cette discipline qui porte l’ambition d’unifier les recherches quantitatives, théoriques et empiriques de la science économique. Il est ainsi l’un des premiers à opposer l’analyse microéconomique à l’analyse macroéconomique. La logique macroéconomique, vue comme rouage et interdépendance entre quantités ou variables ou encore classes sociales se trouve déjà dans l’œuvre des physiocrates, celle en particulier de François Quesnay, dans son tableau économique reliant les trois classes sociales : les paysans, les propriétaires terriens et les artisans. Introduction :
  3. 3. En revanche, la distinction véritable[1], savante et assez argumentée entre la microéconomie et la macroéconomie est apparue dans la théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie de John Maynard Keynes, publiée en 1936. L’ouvrage est conçu et publié en période de crise économique (la « Grande dépression des années 1930 »). Cette crise, appelée crise de surproduction est précédée d’une crise financière et bancaire d’une brutalité, historiquement, jamais sentie par le capitalisme auparavant. [1] Alphandéry, E., parle d’une opposition avant tout méthodologique. « L’analyse microéconomique appréhende les phénomènes économiques par l’intermédiaire de la formation de l’équilibre sur tous les marchés. En revanche, l’analyse macroéconomique simplifie ces mécanismes à un petit nombre d’équilibres, en établissant certaines relations entres des agrégats ». Cours d’analyse macroéconomique, Economica, 1976, p. xvi.
  4. 4. Chapitre 1. Origines et Évolution de la macroéconomie
  5. 5. La macroéconomie est l’étude des équilibres économiques globaux, généraux d’un État ou d’un secteur, à court terme[1]. Ces équilibres sont liés à des phénomènes ou à des comportements de consommation, d’épargne, d’investissement, de production, de revenu, de répartition, etc. Il ne faut pas confondre ces équilibres globaux avec l’équilibre général walrassien. Ce dernier est un équilibre d’interdépendance des marchés, considérés isolément (si l’équilibre existe sur un des marchés, tous les autres marchés s’auto-équilibrent automatiquement et spontanément). Les équilibres macroéconomiques sont des équilibres en nombre limité, parfois indépendants ou partiels, voire isolés. La logique de fonctionnement et de réalisation de ces équilibres est liée à la relation qui existe entre les agrégats à travers le principe de circuit. Qui dit circuit, dit flux ; qui dit flux, dit niveau ; qui dit niveau, dit stock ; qui dit stock, dit stock initial et stock final. [1] Le court terme en macroéconomie est une période comprise entre une année et trois ans.
  6. 6. A l’opposé de ce que prêchent les classiques et les néoclassiques, le degré et l’importance des flux ne se gèrent, ne se débitent et ne se créditent pas d’une manière régulière et automatique. Autrement dit, la valeur ou le volume des stocks ne se réalise, ne se compense pas automatiquement. Ce que conteste et réfute, en-dessus de tout Keynes et avant lui Marx, c’est cette logique prétendant que ce qui existe en termes de stock pour une variable est compensé par le même niveau de stock pour une autre variable. Pour tendre vers ces équilibres et stimuler ces flux entre les agrégats (revenu, épargne, investissement, consommation, production et emploi), il est impératif de donner à l’État un rôle actif à travers une politique économique active et en se basant sur l’augmentation des dépenses budgétaires.
  7. 7. Tandis que les néokeynésiens défendaient et affiner les idées du « Maître de Cambridge », les postkeynésiens prenaient le contre-pied de l’analyse keynésienne dans sa globalité en refusant le rôle actif de l’État, en déplorant les dépenses budgétaires excessives à cause, en particulier, de l’éviction du secteur privé du champ économique. Les monétaristes par exemple attribuaient au patrimoine (le revenu permanent) et à la monnaie des rôles primordiaux dans l’activité économique (croissance) et à la maîtrise de l’inflation que Keynes et les néokeynésiens ont souvent négligé. Selon les monétaristes, il faut que le marché joue son rôle pleinement par le jeu et la spontanéité de ses mécanismes. Le marché du travail ne peut aboutir à un équilibre de plein-emploi car le chômage est structurel, inhérent à la structure économique, géographique et sociale d’un pays.
  8. 8. De même, selon les théoriciens de l’offre, la demande lorsqu’elle est excessive, elle comprime les conditions de production ; la baisse des profits (à cause de la hausse des salaires, des taxes et des coûts de production d’une manière générale) emmène les entrepreneurs à réduire leur offre. Ce chapitre retrace brièvement le développement de la pensée macroéconomique depuis les physiocrates. Nous passons en revue trois points essentiels, à savoir l’apport des physiocrates et des classiques et l’apport décisif de Keynes et des keynésiens ainsi que leurs détracteurs rangés au sein du courant libéral ou plus exactement néolibéral, celui en particulier des monétaristes et des théoriciens de l’offre.
  9. 9. Section 1. L’apport des physiocrates et des classiques On peut historiquement situer les origines de l’analyse macroéconomique dans l’œuvre des physiocrates, au 18ème siècle. Les physiocrates estiment que la richesse se crée en termes d’échange de flux entre les classes sociales d’un point de vue global (ou sectoriel). Seul le secteur agricole est producteur de produit net, de richesse économique. Le schéma de production est pour l’essentiel basé sur la distribution des revenus dont la création émane des paysans. L’ag arianisme des physiocrates rend stérile toute tentative en termes de pensée économique novatrice donnant du sens à l’activité, à la création économique, à la croissance économique et enfin à la valorisation humaine des objets
  10. 10. en un mot à la valeur. La théorie physiocratique est une théorie de la valeur- substance incomplète puisqu’elle se base à la fois sur le travail (mais pas n’importe quel travail) et sur la terre (et seule la terre). La théorie physiocratique est aussi une théorie de l’offre avec tous les défauts[1] que celle-ci comporte, comme l’est et par excellence celle des classiques. La théorie physiocratique demeure une théorie de classes sociales, celle des propriétaires terriens, en l’occurrence. [1] L’un des défauts majeurs des théories de l’offre demeure son incapacité à prévoir les crises de surproduction.
  11. 11. Le principe macroéconomique énoncé dans la pensée physiocratique par le « docteur » Quesnay dans son tableau économique (1758) ne résout en rien théoriquement la problématique épineuse de l’époque, c’est-à-dire celle relative à la répartition des revenus (la classe montante de l’époque, celle des propriétaires terriens, des marchands et des entrepreneurs agrariens avait pour but le recentrage du produit net de la terre pour qu’il soit orienté et distribué différemment, à leur profit, au profit des nouveaux féodaux mais à l’exclusion du clergé et des cerfs). Il ne résout pas non plus le problème de crises liées tantôt aux disettes tantôt à la surproduction.
  12. 12. Avec les classiques, en particulier chez les plus optimistes parmi eux (Smith et Say), on avait l’habitude de faire « fi » des crises et des périodes de leur survenance. L’approche macroéconomique des classiques, vue comme optimum social, ou comme le résultat de la somme des intérêts individuels, est une approche où seule l’offre règle spontanément toutes les questions de demande. Le système productif de la fin du 19ème siècle et de début du 20ème siècle était un système basé sur une accumulation élargie du capital, une gestion de production à la Taylor (organisation scientifique du travail, OST) puis à la Ford (introduction du travail à la chaîne et du système de convoyage) dans les années 1920, c’est-à-dire celle débouchant sur l’affaiblissement du pouvoir syndical et une légère hausse des salaires (« Five dollars Day » comme politique pratiquée dans les usines Ford).
  13. 13. Durant cette période, de nombreux bouleversements économiques et sociaux ont véritablement secoué le monde. Le résultat en est la grande dépression des années 1930, celle notamment liée à une politique de l’offre, héritage notamment des thérapeutiques issues de politiques économiques classiques et néoclassiques : l’offre crée sa propre demande et le marché est spontanément autorégulateur de déséquilibres économiques et sociaux par le seul et unique jeu de la flexibilité des prix et des salaires. Les années 1930 vont marquer l’histoire par l’apparition du fléau de chômage de masse, chômage que ces mêmes thérapeutiques n’ont pas pu éradiquer.
  14. 14. Section 2. L’apport de Keynes et des keynésiens Avec Keynes, une nouvelle manière d’expliquer théoriquement les problèmes économiques et de mettre en avant des solutions de politique économique va apparaître. Son ouvrage Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, édité en 1936, donna naissance à un courant de pensée nouveau et novateur : le « courant keynésien ». Keynes défendait une vision où l’État devrait jouer un rôle important par son interventionnisme budgétaire et fiscal, voire monétaire. En mettant en place une politique de gestion de la demande globale, l’État devrait être en mesure de réguler l’activité économique, d’empêcher les récessions et de maîtriser les périodes de forte croissance et de surchauffe.
  15. 15. La période 1945-1973, baptisée par Jean Fourastié les « trente glorieuses », marqua l’histoire par l’application des politiques keynésiennes dans de nombreux pays. Le consensus autour des idées keynésiennes ne peut en aucun cas laisser ni les ralliés, ni les détracteurs indifférents. De nombreux macro économistes, appartenant à deux bords, ont contribué, d’un coté, à asseoir une certaine sophistication de la théorie keynésienne et de l’autre à la faire démonter. En tout état de cause, globalement, ces politiques ont bel et bien connu un succès malgré un niveau d’inflation chronique qui s’est enchérit vers la fin des années 1960 et surtout à partir de 1973, date du premier choc pétrolier. La pensée keynésienne est une pensée qui va révolutionner non seulement la manière de rendre compte des comportements économiques des agents, mais aussi la façon dont les richesses devront se créer (ou s’accumuler) et se distribuer. La théorie keynésienne va se donner les moyens pour se procurer les outils lui permettant une analyse fine des rouages macroéconomiques.
  16. 16. A l’opposé de ce que prêchent, en filigrane, la pensée physiocratique et la pensée classique, la « société keynésienne », au fond, est une société sans véritable stratification sociale. Comme le note Di Ruzza, c’est une société qui « n’est constituée que de deux types d’agents économiques : les entreprises (dirigées par des entrepreneurs) et les ménages. Pour Keynes, ces agents économiques ne raisonnent jamais sur des biens ou des marchandises, mais uniquement sur des grandeurs monétaires globales, prenant ainsi le contre-pied de la théorie marginaliste et fondant ce qui deviendra la macroéconomie par opposition à la microéconomie des économistes néoclassiques »[1]. [1] Di Ruzza, R., « L’actualité de Keynes (1883-1946) », Institut d’Histoire Sociale de la CGT, Conférence du 7 juin, 2007, p. 3. http://www.ihs.cgt.fr/IMG/pdf__l_actualit_351_du_keyn_351sianisme__1__.pdf
  17. 17. A l’opposé des néoclassiques, mais aussi de tous ses prédécesseurs, Keynes ne fait pas d’inventaire (de nomenclature) de biens sous forme de paniers Il n’établit pas non plus de relation en termes de prix relatifs (rapports d’échanges) entre ces différents biens. De ce dernier point, Keynes en tire l’idée selon laquelle les biens ont une expression monétaire : les biens équivalent à un stock de monnaie. Les agents économiques ne doivent raisonner que sur des grandeurs monétaires. L’unité monétaire (le nominal) est la première unité de mesure économique des biens. Autrement dit, les prix et les salaires devront être exprimés en termes nominaux : les recettes et les coûts globaux pour les entrepreneurs, les revenus pour les ménages.
  18. 18. La deuxième unité économique de mesure utilisée par l’approche keynésienne est le « temps ». Selon Keynes, « le plus court intervalle du temps après lequel il est possible à l’entreprise de réviser sa décision relative au volume d’emploi à offrir. Cet intervalle est pour ainsi dire l’unité effective minimum de temps économique ». La notion du temps, à court terme, chez Keynes n’a pas de durée préétablie : elle peut varier entre six mois et trois ans. Elle dépend d’une série de considérations, à la fois politiques, économiques et commerciales. Le temps chez Keynes est un temps statique ; Keynes refuse les comparaisons inter temporelles et les processus dynamiques, c’est-à-dire ceux qui se déroulent dans le temps : « Dire que la production nette est plus considérable, mais le niveau du prix plus bas aujourd’hui qu’il y a un an ou dix ans,
  19. 19. c’est énoncer une proposition analogue par sa nature à l’affirmation que la Reine Victoria était une souveraine meilleure mais non une femme plus heureuse que la Reine Elisabeth. Cette proposition n’est dépourvue ni de sens ni d’intérêt, mais elle est impropre à servir de matière au calcul différentiel. Notre précision serait dérisoire si nous prétendions placer de semblables concepts en partie vagues et non quantitatifs à la base d’une analyse quantitative ».
  20. 20. 2.1. La révolution keynésienne La théorie générale est une théorie qui a révolutionné l’analyse économique ou d’au moins réhabilité et mis à jour certains raisonnements qu’on trouvait déjà dans l’œuvre de Marx ou dans celle de Wicksell. La théorie générale est essentiellement une théorie de l’emploi, en rupture totale avec les théories classique et néoclassique. Pour Keynes, le chômage ne se démontre pas à partir du marché de l’emploi comme le prétendent les néoclassiques. Le chômage doit être recherché sur le marché des biens et services. C’est la faiblesse de la demande qui est à l’origine du chômage. Ce n’est pas en baissant les salaires que le chômage sera définitivement éradiqué. L’idée d’un chômage volontaire, c’est-à-dire si un reliquat du chômage persiste, c’est par ce que les travailleurs n’accepteraient pas d’être payés à un salaire inférieur au salaire d’équilibre est une idée fausse.
  21. 21. Pour Keynes et les keynésiens, le chômage est involontaire. Autrement dit, il existe des demandeurs d’emploi qui acceptent de travailler à un salaire inférieur au salaire d’équilibre et qui ne se trouvent pas être embauchés. Dans l’œuvre de Keynes, la monnaie joue un rôle stratégique pour déterminer la demande globale. Keynes a inversé le schéma classique selon lequel l’offre détermine la demande. C’est la demande globale anticipée qui détermine la production dans le niveau peut être insuffisant pour réaliser le plein-emploi. Pour Keynes, l’expansion du revenu global est le corollaire de l’accroissement de l’investissement. Ainsi, en modifiant la quantité de monnaie en circulation, l’autorité monétaire contribue à accélérer ou à ralentir la progression de revenu. Keynes est parti de l’idée ou de constat de fait des années 1930, celui montrant la crise de production. Le schéma keynésien de dépression peut être décrit de la manière suivante :
  22. 22. Baisse de la demande globale Baisse de revenu global Baisse de la demande d’encaisses à des fins de transaction et de précaution Baisse du taux d’intérêt Contraction de la demande et ses effets sur l’emploi
  23. 23. Les autorités monétaires peuvent renforcer ce mouvement par une politique d’expansion monétaire. Si la baisse de taux d’intérêt incite les entrepreneurs à investir plus, la demande globale augmente, tend à être supérieure à l’offre, ce qui produit un effet expansif sur la production et l’emploi avant d’entraîner une hausse des prix[1]. Ainsi la politique monétaire semble être un excellent instrument de la politique conjoncturelle. Cependant, Keynes s’est lui-même longuement interrogé sur l’efficacité et la crédibilité des autorités monétaires en émettant d’une part de sérieux doutes sur la volonté et la capacité de la banque d’Angleterre à modifier rapidement et en profondeur le taux d’intérêt et il a d’autre part craint que, dans certaines circonstances, les chefs d’entreprises pouvaient être insensibles aux variations de taux d’intérêt. [1] Sur ce point, les monétaristes, à leur tête Friedman, expriment une opposition claire et nette dans la mesure où l’expansion monétaire a pour conséquence immédiate la hausse des prix sans pour autant varier les niveaux de l’investissement et de l’emploi. Comme le dit Friedman dans sa célèbre formule : « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire ».
  24. 24. En effet, selon Keynes et les keynésiens, l’inefficacité de la politique monétaire peut théoriquement résulter des caractéristiques de la demande et de l’offre de monnaie. En période de marasme économique, les agents économiques sont fébriles à toute demande supplémentaire et conséquente d’encaisses monétaires. D’autant plus que ceux-là passeront majoritairement par le canal de crédit et/ou corrélativement par le biais des hausses des salaires (endettement public ou planche à billets[1]). [1] La planche à billets ou « seigneuriage » est un procédé discrétionnaire de la banque centrale qui consiste à créer de la monnaie supplémentaire sans contrepartie réelle dans l’économie.
  25. 25. De même, comme Marx, Keynes rejette l’hypothèse d’équilibre sur les marchés formulée par les classiques et les néoclassiques. Pour lui, l’offre et la demande ne s’égalisent pas quasi-automatiquement[2]. [2] Pour Marx, « Rien n’est plus niais que le dogme d’après lequel la circulation implique nécessairement l’équilibre des achats et des ventes, vu que tout achat est vente, et réciproquement (...) Si l’on n’achète pas, l’autre ne peut vendre (...) Personne ne peut vendre sans qu’un autre achète ; mais personne n’a besoin d’acheter immédiatement parce qu’il vient juste de vendre (l’identité parfaite entre le fait de vendre et d’acheter, la circulation les scinde (...)). Si la scission entre l’achat et la vente s’accentue, leur liaison intime s’affirme - par une crise ».
  26. 26. La formule sayienne de « l’offre crée sa propre demande » est une aberration. La demande peut se détourner de l’offre comme l’offre ne peut répondre à la demande. Cela entraîne ipso facto un chômage de déséquilibre qui persiste et perpétue. Ce déséquilibre persistant existe à la fois sur le marché du travail et sur le marché des capitaux. Le déséquilibre sur le marché du travail est causé par une certaine rigidité des salaires à la baisse. Selon Keynes, les salaires ne diminuent pas, ou pas assez vite, pour que le marché s’auto-équilibre.
  27. 27. Le salaire nominal Quantité du travail0 FIG1. Déséquilibre sur le marché du travail suivant la vision keynésienne W1 QL1 SL DL1 DL2 W2 QL2
  28. 28. À partir de la figure 1, toute récession peut provoquer une diminution de la demande de travail émanant des entreprises de DL1 à DL2. Si le niveau des salaires reste à W1, le marché n’est plus à l’équilibre, il y a un excès d’offre (QL1 – QL2) et un chômage de déséquilibre.
  29. 29. Le déséquilibre sur le marché des capitaux est induit par la hausse sensible de l’épargne. L’approche classique suppose que lorsque l’épargne augmente, l’investissement augmente automatiquement. Pour les classiques et les néoclassiques, toute l’épargne est investie. Tout investissement est synonyme de croissance économique et toute offre de biens et services est écoulée sur le marché en respectant le principe de « l’offre crée sa propre sa demande ». Keynes rejette cette vision des choses car, pour lui, tout accroissement de l’épargne provoque un déséquilibre sur le marché des capitaux. C’est tout à fait vrai que par l’augmentation de l’épargne que les taux d’intérêt baisseront ;
  30. 30. c’est vrai aussi que cette baisse des taux d’intérêt (de r1 à r2 sur la figure 2) induira une certaine hausse de l’investissement (de I1 à I2 sur la figure 2). Mais cette hausse de l’investissement n’est que provisoire car toute augmentation de l’épargne lui correspond une baisse de la consommation. Ainsi, les entreprises, par l’effet de la baissez des ventes, sont amenées à réduire l’offre des biens et des services et de facto leurs investissements. Cela a pour conséquence le déplacement de la courbe de demande de capitaux vers la gauche. Il est donc possible que le taux d’intérêt qui équilibre l’offre et la demande soit inférieur à r2.
  31. 31. Taux d’intérêt Capitaux investis (I = S)0 FIG2. Déséquilibre sur le marché des capitaux suivant la vision keynésienne r1 I2 S2 I I1 S1 r2
  32. 32. L’analyse keynésienne du cycle des affaires est basée sur la confiance et sur les anticipations (prévisions des entrepreneurs). Elle est fondée aussi sur la crédibilité affichée et ressentie des autorités monétaires à appliquer une politique monétaire et budgétaire. Dans le cas d’une amorce de récession et du manque de confiance et de crédibilité, les entrepreneurs (les dirigeants) réduisent leurs investissements et aggravent ainsi la récession. Pour noircir le tableau et aggraver la situation, ni l’offre, ni la demande de capitaux ne réagissent fortement et adéquatement aux changements de taux d’intérêt, seules des modifications très fortes du taux d’intérêt auraient un impact positif sur le niveau de l’investissement. Une situation d’équilibre sur le marché des capitaux est alors difficile à escompter.
  33. 33. Keynes réagit farouchement contre l’hypothèse de neutralité de la monnaie ; il critique le principe sayien du « voile monétaire ». Il rejette la théorie quantitative de la monnaie de Fisher (MV = PT[1]) selon laquelle toute augmentation de la masse monétaire a pour corollaire une augmentation du niveau général des prix. La monnaie est très active. Elle agit sur les quantités et peut avoir un rôle de lutte contre le chômage. Dans une économie avec des capacités de production inemployées, tout accroissement de la masse monétaire peut conduire à une augmentation de la production et du revenu national sans pour autant que le niveau des prix soit en situation de changer considérablement. La révolution keynésienne peut aussi être lue et appréhendée à travers le rôle actif octroyé à l’État. L’intervention de l’État dans le domaine économique est primordiale ; elle est le moyen de lutte contre le chômage. [1] M reflète la masse monétaire en circulation, V est sa vitesse, P est le niveau général des prix et T est le volume des transactions.
  34. 34. 2.2. Les continuateurs de Keynes Dès sa publication en 1936, la Théorie Générale de Keynes a suscité de nombreuses réactions. Des auteurs comme Harrod, Meade, Lerner, Robinson, Kaldor, Shackle, Kalecki, Lange, Hicks, Hansen, Phillips, etc. s’interrogent sur l’efficacité de l’outil monétaire à comprimer le chômage ou sur les relations qui peuvent exister entre la demande effective, le taux d’intérêt, la demande de monnaie pour le motif de spéculation et la préférence pour la liquidité, ou encore les interactions entre la sphère monétaire et la sphère réelle.
  35. 35. En effet, les premiers disciples de Keynes peuvent être classés en deux grands groupes ou tendances selon qu’on considère qu’ils acceptent quelques principes et postulats de base de l’orthodoxie néoclassique ou qu’ils la récusent. Incontestablement, les néokeynésiens de l’école de la synthèse néo-classique font partie du premier groupe[1]. Ils ont constitué le courant dominant de la révolution keynésienne depuis la fin des années 1930 mais surtout après la seconde guerre mondiale et jusqu’au début des années soixante-dix. Ils ont eu à s’opposer parfois farouchement aux postkeynésiens de l’université de Cambridge (Angleterre). Cela donna lieu à la célèbre controverse des deux Cambridge. [1] Il s’agit de Hicks, Hansen, Samuelson, Tobin, Modigliani, etc.
  36. 36. La synthèse néoclassique du keynésianisme a commencé avec le célèbre article[1] de Hicks en 1937, juste une année à peine après l’édition de la théorie générale. En avril 1937, John Hicks publie un article dans la revue Econometrica intitulé « Keynes and the classics ; a suggested interpretation » (Keynes et les classiques : une interprétation), dans lequel il explique le modèle IS-LM, une sorte d’interprétation de la Théorie Générale en ce qu’elle est un outil (en prenant l’appui sur l’équilibre général walrasien) de se rapprocher de plein-emploi des facteurs de production. [1] Hicks, J.R., “Mr. Keynes and the “Classics”: A Suggested Interpretation”, Econometrica, Volume 5, n°2, 1937, pp. 147-159.
  37. 37. L’article de Hicks tente de faire une synthèse des deux approches : classique et keynésienne. Hansen[1], ne se cachant pas d’être keynésien, reprendra et diffusera l’idée de base de Hicks, en 1952, dans son livre Théorie monétaire et politique fiscale. Le modèle Hicks-Hansen est considéré par certains auteurs comme une version formalisée des idées de Keynes. Néanmoins, nombreux sont les keynésiens qui récusent cette idée galvaudée de synthèse néo-classique dont ils nient le caractère keynésien. [1] Hansen a publié avant cela son ouvrage, « Full Recovery or Stagnation ? », dans lequel défendait clairement les idées keynésiennes de relance par la demande. Hansen témoignait à plusieurs reprises devant le congrès pour s’opposer à l’utilisation du chômage comme moyen de comprimer les prix. Il pensait comme Keynes qu’une petite dose d’inflation ne fera pas du mal aux agents économiques et suggérait qu’une vraie politique de lutte contre l’inflation, lorsque celle-ci prenait des taux à deux chiffres, débutait par des contrôles des prix et des salaires et par des mécanismes fiscaux discrétionnaires mais équitables en vue de réduire la demande globale.
  38. 38. Cette synthèse théorique entre l’approche néoclassique et l’approche keynésienne, visualisée dans le modèle IS-LM porte en son sein deux idées essentielles : l’une purement néoclassique, à savoir l’idée selon laquelle « toute l’épargne est investie », l’autre keynésienne selon laquelle le mécanisme économique à l’origine de lutte contre le chômage est celui privilégiant la relance par la demande effective à travers deux outils de la politique économique : la politique budgétaire et la politique monétaire. Le modèle IS-LM est conçu dans le cadre d’une économie fermée.
  39. 39. Section 3. La contre-révolution monétariste et de la nouvelle école classique : Le monétarisme est fondé sur une variable macroéconomique clé qui est la monnaie. Celle-ci est fondamentalement à l’origine des fluctuations économiques, de l’inflation en l’occurrence. Milton Friedman, dans The New Palgrave Dictionnary of Economics (1987) a écrit : « L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire dans le sens où elle est, et peut être, simplement provoquée par une augmentation plus rapide de la quantité de monnaie que du niveau du produit ».
  40. 40. C’est un monétariste, Karl Brunner, qui a inventé le mot monétarisme en 1968. Comme l’a dit lui-même, « Premièrement, les impulsions monétaires sont déterminantes dans les variations de la production, de l'emploi et des prix. Deuxièmement, l'évolution de la masse monétaire est l'indice le plus sûr pour mesurer l'impulsion monétaire. Troisièmement, les autorités monétaires peuvent contrôler l'évolution de la masse monétaire au cours des cycles économiques ». (Brunner, FED de St-Louis, 1968). Comme pour le keynésianisme, le monétarisme s’autoproclame comme une théorie révolutionnaire. Mais Friedman préfère, lui, le concept de « contre- révolution », en réaction quasi-viscérale aux théories keynésiennes alors dominantes pendant la période des « trente glorieuses ».
  41. 41. Comme le précise Alan Meltzer dans The Structure of Monetarism (1998), « en économie comme dans les autres sciences en développement, le changement érode la valeur de la terminologie populaire. Le monétarisme est un nom qui a été donné à un ensemble particulier de propositions à un moment particulier. Comme le keynésianisme, le budgétarisme (Fiscalism), ou encore la « vue ou l’opinion du Trésor », l’ensemble particulier de propositions appelé monétarisme ne décrit pas entièrement le corps de la pensée acceptée par un groupe peu structuré d’économistes qui pratiquent plus que des termes tels que Chicago, Cambridge ou école autrichienne mais décrit la pensée de tous ceux à qui les conditions sont appliquées ». Les oppositions postkeynésiennes sont anciennes. Mais, celles de Friedman en particulier, datent de la seconde moitié des années 1950. Nous faisons allusion ici à la fameuse controverse entre keynésiens et monétaristes.
  42. 42. On peut situer le point de départ de cette controverse à la parution du livre « Études sur la théorie quantitative de la monnaie » (Studies in Quantity of Money) publié sous la direction de Friedman, en 1956. La controverse s’est d’abord développée et entretenue entre économistes américains avant de s’étendre pour englober les économistes européens et mondiaux. Au début des années 1960, le problème principal de l’économie américaine était la faiblesse de la croissance. L’économie américaine s’est évoluée au-dessous de ses capacités de production et le chômage était supérieur au niveau considéré à l’époque comme incompressible (structurel). Aussi, à partir de 1967/68, c’est le problème de l’inflation et corrélativement de déficit de la balance des paiements qui dominent les problèmes conjoncturels américains.
  43. 43. L’évolution de la conjoncture américaine et celle du système monétaire international, étroitement liées, expliquent que la controverse entre économistes keynésiens et monétaristes se soit développée en deux temps : * De 1956 à 1968, la controverse a porté sur le rôle de la monnaie dans la détermination de la demande globale et donc dans l’explication des fluctuations de l’activité économique. La controverse théorique se traduit au plan politique dans un débat sur l’efficacité relative de la politique monétaire et de la politique budgétaire ; * Depuis 1968, la controverse s’est concentrée sur les causes de l’inflation est depuis 1970 sur celles de la stagflation. La controverse théorique se traduit au plan politique différemment de la précédente : le débat porte sur l’efficacité relative des politiques du contrôle de la demande globale (quelle soit monétaire ou budgétaire) et les politiques du contrôle directe des revenus.
  44. 44. Guillaumont, S.G., dans son livre « Pour la politique monétaire »[1], tente de montrer pourquoi les keynésiens réduisent le rôle de la politique monétaire au profit soit de la politique budgétaire soit de la politique des revenus, tandis que les monétaristes affichent une préférence marquée pour la politique monétaire, mais en minimisant les résultats qu’on peut attendre de la politique monétaire et en préconisent enfin de compte la « neutralisation ». Bien que les deux écoles aient des conclusions politiques en complète opposition, ils ont curieusement en commun de renoncer à toute action monétaire conjoncturelle. Depuis 1945 jusqu’au l’an 1955, les keynésiens ont développé leur conception de la régulation conjoncturelle fondée sur un usage prédominant, sinon exclusif de la politique budgétaire sans rencontrer de véritables oppositions. [1] Guillaumont, S.G., Pour la politique monétaire, PUF, 1982.
  45. 45. Depuis 1956, la tentation monte, les monétaristes contestent les arguments de la politique budgétaire au profit de ceux de la politique monétaire. Les critiques monétaristes débutaient avec la remise en cause de la loi psychologique fondamentale de consommation et du multiplicateur Keynésien. Selon Friedman, la consommation ne devrait évoluer que d’une manière erratique. La consommation est intimement liée au revenu permanent et non au revenu courant. En effet, toute variation du revenu ne peut agir et modifier le niveau de la consommation que si le revenu courant modifie le niveau du revenu permanent. Cette idée sera confirmée par Friedman dans ses écrits et investigations empiriques sur la demande de monnaie qu’il estime stable au cours du temps.
  46. 46. Pour illustrer l’idée de Friedman, prenons l’exemple des heures supplémentaires financées ou subventionnées par l’État dans le cadre d’un programme à court terme, de soutien aux entreprises. L’augmentation conséquente des revenus pour certaines catégories professionnelles n’influence en rien le niveau de consommation global. Pour ces ménages, les revenus reçus sont théoriquement non appelés à se renouveler puisque le programme est circonscrit dans un cadre strictement ponctuel. La propension à dépenser ces revenus est théoriquement nulle ou très faible. Quand le revenu courant augmente ou baisse pour des raisons aléatoires, temporaires ou sur une courte période, les ménages ne changent pas radicalement et structurellement leur mode et niveau de consommation. En règle générale, lorsque le revenu courant baisse temporairement, les ménages continuent de maintenir leur consommation en puisant dans leur épargne. Lorsque le revenu courant augmente temporairement, les ménages reconstituent ou augmente leur épargne au lieu d’augmenter leur consommation indéfiniment.
  47. 47. Une autre critique monétariste, moins technique que celle relative à la fonction de demande de monnaie provient du caractère expulsif et d’éviction de la dépense publique. L’intervention de l’État dans l’économie évince le secteur privé de la sphère de l’investissement et de la production. L’effet de cette action publique pour relancer la machine économique et soutenir la demande de consommation et d’investissement est, selon les monétaristes, quasi-nul. L’éviction prend deux formes : la première se manifeste sur le marché des biens et services et par voie de conséquence sur le marché du travail. Lorsque l’État prend l’initiative d’investir et de produire des biens et des services, il le fait aux dépens du secteur privé et fait enchérir les prix des ressources disponibles (matières premières, main-d’œuvre, technologie, etc.). Une seconde forme est relative à l’éviction financière des investisseurs privés sur les marchés de capitaux. Les dépenses publiques entraînent une hausse des taux d’intérêt et la compression des dépenses de consommation.
  48. 48. Une dernière critique adressée aux keynésiens, plus radicale que celle des monétaristes, est attribuée aux tenants de la nouvelle école classique comme Robert Lucas, Finn Kydland, Thomas Sargent, Robert Barro, Neil Wallace, Edward Prescott et d’autres. Ce courant de pensée monte et déduit des modèles macroéconomiques à partir des actions et comportements des agents considérés d’un point de vue microéconomique. Ces agents individuels sont réputés être des agents parfaitement rationnels. On connaît la critique de Lucas adressée contre la politique monétaire d’obédience keynésienne et visualisée dans la courbe de Phillips. Par le jeu des anticipations rationnelles, toute politique monétaire expansionniste est vouée à l’échec car individuellement tous les agents vont rationnellement l’anticiper et de facto celle-ci n’aura aucun effet sur la production et l’emploi.
  49. 49. Toutes ces critiques méritent une certaine prudence quant à leur validité et acceptation dans la mesure où les politiques volontaristes de relance par les dépenses publiques peuvent entraîner une dynamique économique par la consommation et par la demande pour les biens d’investissement. De même, une politique monétaire axée sur une bonne crédibilité des autorités monétaires et conjuguée d’une politique industrielle vigoureuse et volontariste, peut à certaines des périodes être très utile. Les exemples ne manquent pas pour étayer ces propos : les trente glorieuses, le plan Reagan après l’échec du plan monétariste durant le premier mandat, etc.
  50. 50. Chapitre 2. le Modèle Keynésien Simplifié
  51. 51. Dans un modèle Keynésien simplifié, on considère que l’économie est composée de deux d’agents, les entreprises et les ménages. Les entreprises sont les seules à investir et à produire, les ménages sont les seuls à travailler et à consommer. Cette spécialisation implique que les entreprises doivent distribuer aux ménages une part du revenu qu’elles tirent de la production. Dans le modèle keynésien simplifié, Keynes considère que les ménages cherchent à répartir l’augmentation de leur revenu entre la consommation et l’épargne en proportion relativement stable au cours du temps. Cette hypothèse est extrêmement essentielle d’un point de vue équilibre économique. A contrario, les économistes classiques considéraient que la production étant déterminée sous les conditions du plein-emploi des facteurs, toute diminution de la consommation était nécessairement compensée par une augmentation de l’investissement et de l’épargne. Pour Keynes, ce n’est plus le cas, la consommation et l’épargne évoluent dans le même sens.
  52. 52. Une augmentation du revenu se traduit par une hausse à la fois de la consommation et de l’épargne, une baisse du revenu se traduit par une baisse de la consommation et de l’épargne. La conséquence en est extrêmement importante. Reprenons le point de vue des économistes classiques et considérons que la production totale reste constante car déterminée par le plein-emploi des facteurs. Supposons une baisse normale de l’investissement due à des facteurs conjoncturelles et/ou structurelles[1], cette baisse n’a pas d’impact aussi bien sur la production que sur le revenu qui restent inchangés. Or, un revenu inchangé implique une consommation inchangée. Comme la production est la somme de l’investissement et de la consommation, la baisse de l’investissement ne peut se traduire que par une baisse de la production, ce qui est en contradiction avec l’hypothèse retenue par les économistes classiques. [1] Épuisement de la demande, redéploiement des branches et secteurs économiques, etc.
  53. 53. Ainsi, une baisse de l’investissement ne peut que générer une baisse de la production et donc du revenu. Cette baisse du revenu va générer elle-même une baisse de la consommation et donc à nouveau de la production et du revenu. Si la situation de départ correspondait au plein-emploi, la baisse de la production peut amener du chômage. Keynes a développé sa théorie en période de crise des années 1930 qui est connue par un chômage de masse. Ainsi, le thème central qui est au cœur des idées de Keynes se trouve dans l’analyse des causes du chômage et des moyens d’y remédier. L’outil qui permet la lutte contre le chômage selon Keynes est l’intervention de l’État à travers la politique monétaire et la politique budgétaire. Et le but essentiel de cette intervention est de soutenir la demande globale dans ses « composantes » : investissement et consommation.
  54. 54. Section 1. Les fonctions de consommation et d’épargne Comme nous l’avons rappelé ci-dessus, l’analyse keynésienne privilégie un raisonnement en termes de circuit et que les variables de ce circuit entretiennent entre elles des relations circulaires de cause à effet : l’investissement cause la demande, l’épargne cause l’investissement, etc. Le modèle keynésien simplifié à deux agents (ménages et entreprises) se traduit par la coexistence de deux fonctions de comportement : celle de consommation et celle de l’investissement.
  55. 55. Les ménages dont la fonction principale est de consommer consacrent une partie de leur revenu à cet effet. Pour traduire ce raisonnement en termes mathématiques, nous pouvons définir donc une « fonction de consommation » qui introduit une relation simple entre la consommation des ménages et leur revenu. 1.1. La fonction de consommation A la différence de l’analyse néoclassique (microéconomique) qui construit la fonction de demande d’un bien en privilégiant la relation prix-quantité demandée, l’analyse keynésienne propose de relier la consommation globale au revenu. Et la loi psychologique fondamentale à l’origine de cette relation est la suivante : « Les hommes tendent à accroître leur consommation à mesure que le revenu croît, mais non d’une quantité aussi grande que l’accroissement de revenu ». Keynes, Théorie générale. D’après l’interprétation de cette loi psychologique fondamentale, trois hypothèses relatives à la fonction de consommation peuvent être mises en avant :
  56. 56. C C 2C 2C c 1C 1C 0C c 1Y 2Y Y 1Y 2Y Y 1. Fonction linéaire 2. Fonction affine cYC  avec 10  c 0CcYC  avec 10  c Y C c dY dC  et 0)0( 0  CC Y C c Y C c dY dC 0  C 2C 1C 0C 1Y 2Y Y 3. Fonction concave : )(YfC  avec 0 dY dC et ,0)0( 0  CC 02 2  dY Cd Les fonctions keynésiennes de consommation.
  57. 57. La relation entre consommation et revenu s’exprime par la propension à consommer; il faut en effet distinguer:  la propension moyenne à consommer ou rapport de la consommation totale au revenu, soit C/Y; La propension marginale à consommer ou rapport de la variation de (dC) à la variation correspondante de revenu (dR), soit dC/dY=f’(y). Dans le premier cas de figure (1), la consommation est proportionnelle au revenu: C=cY. La propension moyenne à consommer C/Y est constante et égale à la propension marginale: dY dC c Y C cte Y C Y C Y C i i  ... 2 2 1 1
  58. 58.  Dans le deuxième cas de figure (2), la consommation incompressible 0C est positive ; on a : .0CcYC  La proportion moyenne à consommer varie et est fonction décroissante du niveau de revenu : .0 Y C c Y C  La propension marginale à consommer est une constante : elle est inférieure à la propension moyenne qui est fonction décroissante du niveau de revenu : dC C c dY Y  
  59. 59.  Enfin, dans le dernier cas de figure (3), la propension marginale et la propension moyenne varient suivant le niveau de revenu ; compte tenu de l’hypothèse de concavité de la fonction de consommation, la proportion moyenne à consommer (C/Y ) diminue avec le niveau de revenu ; la propension marginale à consommer (définie comme la dérivée de la fonction) a une valeur donnée par la pente de la tangente aux différents points de la courbe ; on peut vérifier sans difficulté que la propension marginale à consommer diminue avec l’augmentation de niveau de revenu et de consommation (le tracé retenu correspond à 0 dY dC et ).02 2  dY Cd Remarque : Il est commode de retenir comme hypothèse de travail, la relation correspondant au deuxième cas de figure qui est : 0CcYC  et qui facilite la représentation graphique.
  60. 60. 1.2. La fonction d’épargne L’épargne (notée S) apparaît chez Keynes comme un résidu (le reste) ; c’est-à-dire la partie du revenu qui n’est pas consommée. CYS  [1] La proportion moyenne à épargner : (S/Y) ; la propension marginale à épargner est : (dS/dY). De [1], on peut tirer la formule de revenu global : SCY  Si on divise les deux membres de l’égalité par Y, on a : 1 Y S Y C
  61. 61. La somme des propensions moyennes à consommer et à épargner est égale à l’unité ; il en va de même pour les propensions marginales ; en effet, si on raisonne sur des accroissements, il est bien clair qu’un accroissement de revenu n’a que deux emplois possibles, la consommation et l’épargne, soit dSdCdY  et en divisant les deux membres par dY, il vient : sc dY dS dY dC 1 La fonction d’épargne se déduit par simple soustraction de la fonction de consommation ; l’épargne est donc fonction du revenu ).()( YSYfYCYS  Dans le cas de la fonction de consommation affine 0CcYC  : 00 )1()( CYcCcYYS 
  62. 62. Et puisque, ,10  c 01  c dY dS La formulation [2] montre que l’épargne est fonction croissante du niveau de revenu ; la propension marginale à épargner ctecdYdS  )1(/ et il sera commode de la représenter par s (on a par conséquent : ).1 cs La propension moyenne à épargner est évidemment variable suivant le niveau de revenu et on remarque que pour un niveau de revenu qui est nul, l’épargne serait négative, elle est égale à );( 0C c’est la contrepartie de l’hypothèse de consommation incompressible : si la consommation est positive pour un niveau de revenu nul, c’est qu’il y a eu « désépargne », épargne négative, prélèvement sur des avoirs antérieurs qui ont permis de financer cette consommation incompressible. L’épargne ne devient positive qu’au-delà d’un certain niveau de revenu rY dit « seuil de rupture », seuil au-delà duquel la collectivité cesse de désépargner ; ce seuil de rupture est défini par ,0S avec 0)1( CYcS  d’où 0)1( 0  CYc et le seuil de rupture Y est au niveau ).1/(0 cCYY r 
  63. 63. Revenu disponible Consommation C=0,7Y+14 Epargne S=0,3Y-14 0 +14 -14 10 +21 -11 20 +28 -8 46,66 +46,66 0 100 +84 +16 200 +154 +46 500 +364 +136 Exemple chiffré pour des fonctions de consommation et d’épargne affines:
  64. 64. D’après les calculs consignés dans le tableau ci-avant, nous remarquons que le seuil de rupture ne permettant pas de dégager encore ou à partir duquel ce ménage pourra dégager éventuellement une épargne positive (dans le cas bien évidemment où le revenu est supérieur à 46,66). Graphiquement, cela peut être représenté de la façon suivante :
  65. 65. W = Y (première bissectrice) C = 0,7Y+14 C0 = +14 S =0,3Y – 14 45° 0 46,66r Y  Y C0 = – 14 Utilisationde Revenu et « Seuil de Rupture ».
  66. 66. Nous remarquons qu’à gauche de seuil de rupture rY , la consommation est supérieure au revenu et le résidu (le solde entre revenu et consommation) est donc négatif (désépargne) ; il s’annule pour 46,66rY Y  pour lequel on a CY  et (S = 0) et devient positif pour tout .rYY  Section 2. Le multiplicateur d’investissement et de dépense D’emblée il faut rappeler que l’analyse de Keynes n’est pas seulement une analyse de court terme. Il est vrai que le court terme (entre 1 an et 3 ans) chez Keynes prend une place importante pour la seule raison de l’état de la conjoncture ; Keynes a été amené, dans le cadre de ses écrits, à trouver des solutions conjoncturelles pour des crises conjoncturelles, celles en particulier liées au chômage de masse qui a frappé l’ensemble des pays occidentaux dans les années trente. Mais, il ne faut pas perdre de vue que la dynamique de court terme envisagée par Keynes est intimement liée aux
  67. 67. prévisions de moyen et long terme, celles notamment issues de la dynamique de la demande effective. En effet, Keynes fait dépendre le niveau de l’investissement de la période actuelle de l’état de la prévision à long terme, c’est-à-dire de l’état et de la qualité des prévisions du profit que génèrera un investissement pendant toute sa durée de vie. Les entrepreneurs ne décideront d’investir que si les profits qu’ils espèrent tirer de cet investissement sont suffisamment importants. Suffisamment importants pour couvrir l’ensemble des charges engagées et que toute initiative d’investissement soit en mesure de réaliser des gains supérieurs à la rémunération escomptée d’un placement théoriquement sans risque (placements alternatifs en achat d’obligations).
  68. 68. A l’opposé de ce que prêche la théorie classique, la théorie keynésienne fait relativement dépendre l’investissement de la consommation. La théorie classique considère à tort que le plein-emploi est facilement atteignable même si le niveau de la consommation est en baisse car toute baisse de la consommation est compensée par une hausse du niveau de l’investissement consécutif à celle du niveau de l’épargne. Pour Keynes et les keynésiens, toute baisse de la consommation se traduit forcément par une baisse de l’investissement. L’analyse keynésienne, il faut le rappeler, est une analyse qui se base sur la confiance de l’opinion collective dans les perspectives d’avenir quant à la croissance économique nationale.
  69. 69. 2.1. Le multiplicateur d’investissement et le niveau de revenu Selon les keynésiens, l’augmentation de l’investissement entraîne un accroissement plus important (effet multiplicatif) de la production, de l’activité et de l’emploi. Concrètement, nous pouvons donner, comme exemple, le projet de port Méditerranée de Tanger qui a aujourd’hui des effets multiplicatifs sur la production, l’activité et l’emploi. 2.1.1 Les hypothèses du modèle keynésien simplifié Théoriquement pour que l’effet multiplicatif d’un investissement fonctionne, il faut que le système économique dans son ensemble satisfasse à trois hypothèses essentielles :
  70. 70.  Hypothèse 1 : Relation en forme de « L » renversé entre le niveau de production ou revenu et la variation des prix ; P Variation du niveau des prix Niveau de production YPE Y Relation entre niveau de production et la variation des prix.
  71. 71. En période de sous-emploi, tant que le niveau de production est inférieur à un certain seuil YPE (qui est le niveau de revenu de plein-emploi), le système productif national répond (avec notamment les perspectives d’amélioration du niveau de la productivité) aux variations de la demande sans accroissement des prix. Au contraire, lorsque le revenu atteint le seuil de plein-emploi, tout accroissement de la demande se traduit par un accroissement des prix. Une autre forme, moins rigide, de « L » renversé nous donne l’idée sur une éventuelle augmentation des prix avant même d’atteindre le niveau de plein-emploi.
  72. 72. Hypothèse 2: Constante des capacités de production Il est supposé, dans le court terme, que le niveau de la force du travail disponible (le nombre de demandeurs d’emploi) reste constant; les techniques de production sont données et exogènes. Autrement dit, il n’y a pas de changement dans la technologie utilisée. De ces hypothèses, découlant deux conséquences:  L’emploi suit la production;  Toute variation de l’emploi se traduit par une variation égale et de sens opposé du chômage; Hypothèse 3: les modalités d’ajustement en situation de sous-emploi L’ajustement se fait non pas par la variation des prix, mais par la variation des quantités. Dit autrement, en stimulant la demande globale, on aboutit à relever le niveau de l’activité et par voie de conséquence l’emploi.
  73. 73. 2.1.1. L’équilibre des prix et le multiplicateur statique Par équilibre, on entend l’égalité entre l’offre globale (le niveau de la production Y) et la demande globale D ; soit : (1) Y = D (condition d’équilibre sur le marché des produits) (2) D = C + I (équation de définition) C est la consommation et I est l’investissement.
  74. 74. (3) Y = C + S (équation de définition) Compte tenu des équations de définition (2) et (3), la condition (1) d’équilibre sur le marché des produits s’écrit : Y (= C + S) =D (= C + I) C + S = C + I D’où après simplification, la condition (4) est équivalente à la condition (1) : (4) I = S Y = D On peut donc écrire de deux façons strictement équivalentes la condition d’équilibre sur le marché des produits. L’égalité de l’épargne et de l’investissement (la condition I = S) n’est qu’une autre façon, équivalente, d’écrire l’égalité entre offre et demande globale (Y = D).
  75. 75. Le multiplicateur d’investissement est le coefficient qui compare l’ampleur de modification subie (la variation de revenu) à l’ampleur de perturbation initiale (la variation de l’investissement). Soit donc une économie en situation de sous-emploi avec équilibre sur le marché des produits ; cette condition s’écrit : (5) Y = C + I (= D) avec Y < YPE On va maintenant prendre en compte explicitement les comportements ; ceci signifie que, à côté des équations de définition et des conditions d’équilibre, on introduit des équations de comportement. Par exemple, pour le comportement des consommateurs : (6) C = C(Y) avec dC/dY = c et 0 < c < 1
  76. 76. Quant à l’investissement, il est supposé exogène ; il est déterminé, par exemple, par l’Etat ; il en maîtrise l’effort ; d’où : (7) I = Io Dans ces conditions, l’équation (5) devient, après prise en compte de (6) et (7) : (8) Y = C(Y) + Io L’équation (8) traduit les conditions d’équilibre initial sur le marché des produits. C’est cet équilibre qui va être modifié par un accroissement de l’investissement ; il s’agit alors de mesurer l’accroissement du niveau de production (ou de revenu) (dY) qui découle de l’augmentation du volume d’investissement (dI) ; rappelons que l’on est en situation de sous-emploi.
  77. 77. Soit dC le supplément de consommation réalisé dans la nouvelle situation d’équilibre, celle-ci étant définie la condition d’égalité entre le nouveau volume de production (Y a été accru de dY, inconnu) et le nouveau volume de demande (l’investissement a été accru de dI, connu et la consommation C de dC, inconnu) ; soit la condition d’équilibre final (après réalisation des ajustements nécessaires). (9) Y + dY = C + dC + Io + dI (= D + dD) Compte tenu de l’équation (5) qui traduit la condition d’équilibre initial et de (7), l’accroissement de niveau d’activité, s’écrit : (10) dY = dC + dI dI = dY – dC Définition : Le multiplicateur d’investissement (k) est le rapport de l’accroissement du niveau de production ou de revenu (dY) à l’accroissement initial de l’investissement (dI).
  78. 78. (11) dI dY k  (équation de définition) A partir de (10) et en remplaçant dI dans (11) par sa valeur, on a : dCdY dY k   En divisant le numérateur et le dénominateur par dY, on obtient : dY dC k   1 1 Comme dC/dY est la propension marginale à consommer, la valeur k de multiplicateur d’investissement est donc égale à : (12) c k   1 1
  79. 79. Ou encore : (13) s k 1  Comme 0 < s < 1, on a k > 1, d’ou le nom de multiplicateur. Ainsi, la valeur du multiplicateur d’investissement est d’autant plus forte que la propension marginale à consommer est élevée ou que la propension marginale à épargner est faible. Le multiplicateur d’investissement est égal à l’inverse de la propension marginale à épargner.
  80. 80. Exemples : Si c = 1/2, s = 1/2, k = 2 Si c = 4/5, s = 1/5, k = 5 Si c = 9/10, s = 1/10, k = 10 Si c = 99/100, s = 1/100, k = 100 Un investissement supplémentaire de 1 million de dirhams engendre donc un supplément de production et d’activité de k millions de dirhams ; il s’agit bien d’un effet de multiplication puisque k est toujours supérieur à 1 dès lors que c est positif. La variation dans le niveau du revenu et de l’activité est une fonction directe du supplément injecté dans le système économique : (14) dY = k dI
  81. 81. 2.2. Le multiplicateur de dépense En rappelant le principe keynésien de circuit simplifié à deux agents, nous pouvons dire que les revenus des ménages sont (en partie ou en totalité) des dépenses potentielles de consommation qui constituent par voie de conséquence les revenus des entreprises. Une partie de ces revenus va être engagée pour l’investissement. Par ailleurs, lorsque l’État intervient, ce qui est son rôle selon la conception keynésienne, la dynamique d’investissement est systématiquement soutenue à travers les subventions et les transferts (dépenses publiques). Le circuit économique simplifié à trois agents, d’après Keynes est le suivant :
  82. 82. Ménages État Entreprises B&M C Y G T S I E C : Consommation I : Investissement G : Dépenses de Gouvernement S : Épargne. Y : Revenu disponible (C + S) T : Taxes (G - E) E : emprunts (Dettes publics) B&M : Banques etmarchés financiers
  83. 83. 2.2.1. L’intervention de l’État et la politique budgétaire L’analyse keynésienne a permis d’intégrer le rôle des finances publiques dans l’activité économique générale. On a : TYYd  ( dY désigne le revenu disponible, c’est-à-dire après impôt) Et : )(00 TYcCcYCC d  Et donc, la propension à consommer des ménages dépend non pas du revenu distribué ,Y mais de revenu disponible dY . La condition d’équilibre Y D s’écrit donc ici de la manière suivante : GITYcCY  00 )( (G désigne l’intervention de l’État relative à sa dépense pour soutenir la demande globale). D’où le niveau de revenu d’équilibre : 0 0 0 0 1 Y cY C I cT G C cT I G Y c          
  84. 84. 2.2.2. L’action sur le niveau de la demande globale Nous prévoyons deux grandes hypothèses quant à l’action de l’État pour soutenir la demande globale. La première hypothèse est celle de la hausse des dépenses publiques sans augmentation des impôts et la seconde est celle de la hausse des dépenses publiques financées entièrement par une augmentation équivalente des impôts.
  85. 85.  Première Hypothèse: Hausse des dépenses publiques sans augmentation des impôts Dans l’équation de Y précédente, il l’on dérive Y par rapport à G, on obtient le multiplicateur de dépense publique (ou multiplicateur budgétaire) suivant : 1 1 1 G dY dG k dY dG c c      
  86. 86. Une augmentation de la dépense publique entraîne donc un accroissement plus que proportionnel (effet multiplication) du niveau de revenu Y. Cette hypothèse peut aussi être démontrée de la manière suivante : Reprenons le revenu d’équilibre avant la prise en considération de l’investissement public, déjà avancée dans l’équation ci-dessus : 0 0 0 0 1 initial C cT I G Y c     
  87. 87. En pratiquant une politique de relance de la demande globale, l’État augmente ses dépenses de ;G le montant de l’investissement public s’élève donc à : 0G G G    Le revenu correspondant est : 0 0 0 0 1 final C cT I G G Y c        Il en découle que : 1 final initial G G Y Y Y k G c         On s’aperçoit, à l’évidence, que le multiplicateur budgétaire est identique au multiplicateur d’investissement 1 ( ). 1 G Ik k c    On conclut, par conséquent, qu’une hausse de dépenses publiques (avec probablement un déficit budgétaire) a le même effet sur le revenu national qu’un investissement supplémentaire.
  88. 88.  Seconde hypothèse : Hausse de dépenses publiques financées entièrement par une augmentation équivalente des impôts Dans l’équation deY ci-dessus, si l’on dériveY par rapport à ,T on obtient le multiplicateur fiscal suivant : 1 1 T dY c cdT k dY dT c c        La variation du niveau de production est de sens opposé à celle du niveau des prélèvements ; une augmentation des prélèvements de l’État entraîne une diminution du niveau de revenu et de la production ;Y une diminution des prélèvements publics entraîne une augmentation de celui- ci. dG dY dT dY 
  89. 89. Une conséquence importante en résulte : pour lutter contre la récession et le chômage, il est plus efficace d’augmenter les dépenses publiques que de diminuer les impôts. Si maintenant nous supposons que la hausse des dépenses publiques est financée entièrement par une augmentation équivalente des impôts. Techniquement, cela revient à poser l’égalité suivante : G T   En effet, Le montant de l’investissement public s’élève à 0G G G    et celui des impôts s’élèvent à 0 .T T T    Le nouvel niveau du revenu d’équilibre ( )finalY après cette action compensatoire de l’État ( )G T   est le suivant : 0 0 0 0 0 0 0 0( ) 1 1 final C c T T I G G C cT c T I G G Y c c               
  90. 90. Dans ce cas, la variation du revenu est : ( ) 1 final initial G c T Y Y Y c         Par hypothèse ,G T   alors : ( ) (1 ) 1 (1 ) final initial GE G c G c Y Y Y G k G c c               , où 1.GEk  Le multiplicateur GEk est dit « multiplicateur du budget équilibré ». Il est dû à l’économiste norvégien Haavelmo. Dans son étude réalisée en 1945, Haavelmo a démontré pour la première fois qu’un accroissement de dépenses publiques financé intégralement par une variation identique du niveau des impôts accroît le revenu national d’un montant égal à l’accroissement des dépenses publiques. L’effet multiplicateur n’est pas nul, car le budget de l’État n’est pas neutre. En d’autres termes, un accroissement de dépenses et un accroissement de recettes d’égal montant ne se neutralisent pas quant à leur impact sur le revenu national : la demande globale et le revenu national sont durablement accrus d’un montant égal à .G
  91. 91. EXERCICE Soit la fonction de consommation keynésienne, affine, suivante : C = 350 + 0,65 Y Questions : 1. Qu’indiquent les variables C et Y ? 2. Que représentent les nombres 350 et 0,65 ? 3. Trouvez la fonction d’épargne en la dérivant de la fonction de consommation : C = 350 + 0,65 Y. 4. Déterminez les niveaux de consommation et d’épargne lorsque Y = 800, puis Y = 1000 et ensuite Y = 1200. Établir, pour chaque cas de figure, le compte du secteur institutionnel « Ménages ». Interprétez les résultats obtenus. 5. Représentez sur le même graphique les fonctions de consommation et d’épargne affines. 6. Calculer les propensions moyenne et marginale à consommer pour Y = 800, 1000 et 1200. Interprétez.
  92. 92. Réponse : 1. C indique la consommation finale des ménages et Y indique le revenu disponible. 2. 350 et 0,67 représentent respectivement la consommation incompressible (ou autonome) et la part du revenu consacrée à la consommation (ou la propension marginale à consommer). 3. Nous savons que le revenu se répartit entre la consommation finale et l’épargne : Y C S S Y C     En effet, la fonction d’épargne se définit de la manière suivante : 350 0,65 0,35 350Y Y S S Y     
  93. 93. 4. Le tableau suivant consigne les valeurs de C et S pour les trois valeurs de Y : Y C S 800 870 -70 1000 1000 0 1200 1130 70
  94. 94. Le compte du secteur institutionnel « Ménages » se présente dans les trois cas comme suit : Chapitre 3 : Le modèle keynésien simplifié Emplois Ressources C = 870 Y = 800 S = – 70 800 800 Emplois Ressources C = 1000 Y = 1000 S = 0 Emplois Ressources C = 1170 Y = 1200 S = 70 1200 1200 1000 1000
  95. 95. Le premier cas (Y = 800) présente une insuffisance de revenu. Le revenu dont dispose les ménages ne suffit pas à combler toutes les dépenses de consommation finale. Les ménages sont obligés de recourir à la désépargne de 70 pour satisfaire leur besoins en consommation. Dans le second cas, le niveau de revenu de 1000 permet justement de satisfaire les besoins de consommation. Il en découle une épargne nulle. Dans ce cas, nous sommes en présence du seuil de rupture, une phase charnière entre la désépargne et l’épargne positive. Dans le troisième cas, les ménages dégagent une épargne positive de 70. Leur revenu qui est de 1200 permet à la fois de combler et de satisfaire les besoins de consommation des ménages et de dégager une épargne de 70.
  96. 96. 5. Pour représenter les deux fonctions de consommation et d’épargne, il suffit de tracer dans un diagramme à 90° (sur l’axe des abscisses le revenu et sur l’axe des ordonnées la consommation et l’épargne) les droites des deux fonctions (ce sont des fonctions affines, linéaires). 6. Calcul des PMc et Pmc pour Y = 800, 1000 et 1200 et leur signification : a. La propension moyenne à consommer : Pour Y = 800 : PMc = C/Y = 870/800 = 1,0875 Pour Y = 1000 : PMc = C/Y = 1000/1000 = 1 Pour Y = 1200 : PMc = C/Y = 1130/1200 = 0,94 b. Les deux propensions marginales à consommer : Pmc = ΔC/ΔY = (1000 – 870) / (1000 – 800) = 0,65 Pmc = ΔC/ΔY = (1130 – 1000) / (1200 – 1000) = 0,65
  97. 97. On remarque que les propensions moyennes à consommer baissent reflétant la loi psychologique keynésienne de consommation, c’est-à-dire que la part de la consommation dans le revenu baisse avec l’augmentation de revenu. Dit autrement, lorsque le revenu augmente, la consommation augmente mais d’une proportion inférieure à celle de revenu. On remarque aussi que la propension marginale à consommer est inférieure à l’unité. Cela confirme le principe énoncé dans le cadre de la loi psychologique keynésienne de consommation.
  98. 98. Chapitre 3. Équilibre keynésien de sous- emploi et modélisation IS/LM
  99. 99. Le modèle IS/LM est dû à deux auteurs atypiques, difficilement classables que sont Hicks et Hansen. Les deux auteurs adoptent une approche dite de synthèse, une synthèse néoclassique du keynésianisme. Cette synthèse combine deux idées essentielles : l’une purement néoclassique, à savoir l’idée selon laquelle « toute l’épargne est investie », l’autre keynésienne selon laquelle le mécanisme économique à l’origine d’une possible lutte contre le chômage est celui privilégiant la relance par la demande. Le modèle IS/LM est conçu dans le cadre d’une économie fermée. Hicks, J.R., “Mr. Keynes and the “Classics”: A Suggested Interpretation”, Econometrica, Volume 5, n°2, 1937, pp. 147-159.
  100. 100. Le modèle IS/LM tente de présenter sous forme de graphiques les conditions d’équilibre sur le marché des biens (IS) et sur le marché de la monnaie (LM). Quand il y a équilibre sur ces deux marchés, mais l’équilibre ne correspond pas nécessairement au plein-emploi. Il s’agira alors d’examiner les politiques conjoncturelles permettant de se rapprocher du plein-emploi.
  101. 101. Section 1. Les conditions d’équilibre sur le marché des biens et services Sur le marché des biens et services, pour qu’il y ait équilibre, il faut que l’épargne soit égale à l’investissement. Parallèlement, on pose que pour Keynes, l’investissement est fonction du taux d’intérêt tandis que la consommation est fonction de revenu. On a par conséquent :
  102. 102. (1) SIICY  (équation de définition : il s’agit d’une condition néoclassique relatant le fait que toute l’épargne est investie ; l’équation de base étant :Y C S  ) ; (2) cYCC  0 avec 10  c (relation de comportement) ; (3) giII  0 avec 0g (relation de comportement et g est la propension marginale à investir, c’est-à-dire, la variation de l’investissement par rapport à la variation du taux d’intérêt). Il faut noter que dans cette dernière relation de comportement, il y a deux types d’investissement : un investissement 0I indépendant de taux d’intérêt et un investissement qui est une fonction décroissante de taux d’intérêt ( 0g ).
  103. 103. En remplaçant dans Y, C et I par leurs valeurs, on a : (2) giIcYCY  00 D’où : giICcY  00)1( Et la relation implicite : c IC i c g Y      11 00 (5) que l’on peut également écrire sous la forme : (6) Y g c g IC i     100 qui est la forme générale i = a – bY avec : g IC a 00   et g c b   1
  104. 104. A partir des formulations ci-dessus, on peut déduire immédiatement le signe de la pente ; on a en effet : (7) 0/)1(/  gcdYdi puisque 0g et 10  c La relation IS est alors représenté dans le plan (i, Y) par une droite décroissante comme sur le graphique ci-dessous :
  105. 105. i g IC 00  IS Y g c g IC i     100 0 c IC   1 00 Y La courbe ISetl’équilibresurlemarché des biens.
  106. 106. On note que si 0I s’accroît, l’ordonné à l’origine s’accroît aussi et la droite se décale vers la droite. De même si 0g (le taux d’intérêt n’exerce aucune influence sur le niveau de l’investissement), la droite IS est alors représentée par l’équation )1/()( 00 cICY  qui est une droite parallèle à l’axe des ordonnées. Section 2. Les conditions d’équilibre sur le marché de la monnaie Qui dit équilibre sur le marché de la monnaie dit qu’il y a une offre et une demande de monnaie ; ce qui constitue une rupture majeure avec la tradition néo-classique pour laquelle la monnaie ne pouvait jamais être demandée en tant que telle mais simplement pour acheter d’autres biens. La monnaie est conçue alors pour être un voile. La demande de monnaie n’étant envisagée que comme une modalité détournée et indirecte de la demande de biens que l’on ne pouvait acquérir directement.
  107. 107. • Selon Keynes, la monnaie peut être demandée pour elle-même et pas seulement pour acheter d’autres biens, il y a une demande de monnaie aux motifs spécifiques. 2.1. Les motifs de la demande de monnaie Keynes indique quatre motifs à la demande de monnaie : le motif de revenu ou de transaction: les dépenses sont échelonnées dans le temps et les revenus, en attente d’être utilisés, sont donc conservés sous forme liquide ; le motif d’entreprise : il est l’équivalent du motif de revenu pour les ménages. L’entreprise conserve des liquidités (encaisses monétaires); le motif de précaution : la monnaie sert à faire face aux aléas (achats futurs importants ou nécessaires, maladies, dépenses non prévisibles) de la vie quotidienne ; le motif de spéculation : les agents économiques conservent de la monnaie sous forme liquide pour effectuer des achats d’obligations. le motif de finance: La monnaie est utilisée comme un moyen de financement sur les marchés monétaires et de la dette.
  108. 108. 2.2. La fonction de demande de monnaie Keynes est amené à présenter, en première approximation, une fonction de demande de monnaie notée L composée de deux fonctions L1 et L2 qui s’ajoutent, soit : L = L1 + L2. La première composante, notée L1, représente les quantités de monnaie demandées par les agents économiques à la fois pour le motif de revenu et d’entreprise (que l’on regroupe souvent sous l’appellation de demande de transaction ou encaisse de transaction) et le motif de précaution. Cette demande ne subit pas l’influence du taux d’intérêt ; elle dépend du revenu ; ce que l’on écrit : L1 = L1 (Y) avec L’1 > 0.
  109. 109. La deuxième composante, notée L2, représente la demande de monnaie pour la spéculation ; elle dépend du taux d’intérêt, la fonction étant décroissante soit : L2 = L2 (i) avec L’2 < 0. Keynes pense qu’il existe un taux d’intérêt minimum (noté im) en dessous duquel le taux d’intérêt du marché ne peut pas baisser (Keynes estime qu’il peut être de l’ordre de 2%). L’explication se trouve dans la liaison inverse entre taux d’intérêt et niveau des titres ; quand le taux de l’intérêt est très faible (2%), le cours en bourse est très élevé et il n’est pas raisonnable d’espérer des plus-values supplémentaires. Cette situation se caractérise le plus souvent par une récession économique et par une certaine morosité dans les affaires. Les agents économiques préfèrent thésauriser aux dépens de l’investissement.
  110. 110. La décroissance de L2 en fonction du taux d’intérêt ne vaut donc que pour un niveau de l’intérêt supérieur à im, seuil pour lequel la demande de monnaie devient infiniment élastique par rapport au taux de l’intérêt (the liquidity trap). Mais on peut également envisager la situation inverse, celle où le taux d’intérêt atteint un niveau (iM) tel que la demande aux fins de spéculation s’annule ; les agents économiques, compte tenu du niveau élevé de la rémunération offerte pour les placements et du bas prix des titres renoncent à toute détention de monnaie aux fins de spéculation (speculation).
  111. 111. i iM iYL   pour ),( Mm iii im L1(Y) L La courbe de la fonctionde demande de monnaie.
  112. 112.  Pour ,Mii  0)(2 iL et donc )(1 YLL  qui ne dépend pas du taux d’intérêt mais du seul niveau de revenu et de production ; ce dernier étant fixe en courte période, la courbe de demande de monnaie en fonction du taux de l’intérêt est donc représentée par une parallèle à l’axe des ordonnées dont l’abscisse dépend de la quantité de monnaie demandée pour le motif de transaction et de précaution ;  Pour ,mM iii  en posant par exemple une fonction de demande de monnaie linéaire, il vient : iYLLL   21  Pour ,mii  la demande devient infiniment élastique par rapport au taux de l’intérêt et peut donc être représentée par une droite parallèle à l’axe des abscisses. N.B. Avec des hypothèses moins simplificatrices quant à la forme des fonctions, on aurait une demande de monnaie de type ci-dessous :
  113. 113. i iM ),( iYLL  im L La courbed’une fonction dedemandede monnaieconcave.
  114. 114. 2.3. Offre de monnaie et équilibre sur le marché monétaire L’offre de monnaie est la quantité de monnaie offerte, mise à la disposition du public, des utilisateurs éventuels du système bancaire (banque centrale et banques commerciales). Elle ne dépend pas du taux d’intérêt ; on peut donc la représenter dans le plan (i, Y) par une perpendiculaire à l’axe des abscisses.
  115. 115. M2 M1 i2 M M3 M4 M5 i1 i i3 ),( iYLL  im L Restriction Expansion monétaire monétaire Offre de monnaie et équilibre sur le marché monétaire.
  116. 116. Sur le marché monétaire, il y a équilibre entre l’offre de et demande de monnaie ; sur le graphique, cet équilibre correspond à i. on a supposé par ailleurs, ici, que la banque centrale contrôle complètement les conditions d’émission de la monnaie. Lorsque le taux d’intérêt atteint le seuil de im, toute quantité de monnaie supplémentaire tombe dans une trappe, disparaît sans modifier le taux d’intérêt. Les agents préfèrent garder de la monnaie sous forme liquide que de la placer avec un taux très faible. 2.4. La courbe LM Les coordonnées des points d’intersection des courbes d’offre et de demande dépendent de la préférence pour la liquidité et de l’offre de monnaie. Puisque la demande de monnaie L dépend à la fois de i et de Y, alors que l’offre de monnaie M est indépendante de ces deux variables, il est impossible de définir l’ensemble des couples (i, Y) tel que L = M ; c’est cette condition qui définit la relation LM. On a donc l’ensemble d’équations suivant :
  117. 117. a) L = M b) 21 LLL  (La demande de monnaie peut s’exprimer en termes réels L/P et on peut des fois lui adjoindre une demande incompressible de monnaie (L0), donc, elle peut finalement s’écrire : 0 1 2( ) ( )L L L Y L i   ) iYL   pour ,mM iii  avec 0    Y L et 0    i L c) :OMM  l’Institut d’émission (Bank Al-Maghrib) a la maîtrise complète de l’offre de monnaie et la fixe au niveau ).OM
  118. 118. i iM LM im Y M i O      O M M Y  Y i LM i (Y) im  O M M Y  Y La courbe LMet l’équilibre entre offre et demande de monnaie.
  119. 119. Il vient : OMiY   pour Mm iii  D’où dans ce même intervalle : iMY O   Y M i O     ; soit 0 dY di La relation LM est donc croissante pour Mm iii  ; lorsque ,Mii  on sait que L2 devient nul, d’où /OM MY  dont la représentation est une droite parallèle à l’axe des ordonnées.
  120. 120. En outre, quand ,mii  la demande de monnaie devient infiniment élastique par rapport aux variations du taux de l’intérêt (le taux de l’intérêt ne peut descendre en dessous de );mi la courbe LM est alors représentée à ce niveau par une droite parallèle à l’axe des abscisses et d’ordonnée .mi Ce tracé de la courbe LM s’explique sans difficulté. Lorsque le revenu et l’activité Y sont faibles, il faut relativement peu de monnaie pour assurer les transactions. Puisque l’offre de monnaie est constante (au niveau ),OM une quantité importante de monnaie 1 2OM L L  est disponible pour alimenter les encaisses de spéculation. Plus l’activité est faible, plus les encaisses de spéculation pourront être élevées, plus le taux de l’intérêt sera bas. (Sous réserve bien entendu de l’existence de la trappe à liquidités, d’un niveau minimum du taux de l’intérêt ).mi
  121. 121. Avec le développement du niveau de l’activité, le taux d’intérêt croît jusqu’à atteindre iM, seuil supérieur pour lequel toute l’encaisse de spéculation disparaît ; toute la monnaie est alors absorbée par les besoins de transaction ; dans cette situation, il y aurait pénurie de monnaie, en ce sens que le niveau d’activité est limité, borné par la quantité de monnaie disponible pour les transaction ; (il faut supposer que l’on est toujours en situation de sous-emploi ; si le seuil de plein- emploi YPE était atteint avant, l’arrêt de l’expansion découlerait non de l’insuffisance de la quantité de monnaie, mais des limitations dans les capacités de production disponibles).
  122. 122. Section 3. Équilibre conjoint des marchés Les analyses précédentes ont pour objet de montrer l’équilibre pour chaque marché (marché de biens et services et marché de la monnaie) dans le cadre de plan (i, Y). L’existence de l’équilibre sur les deux marchés ne garantit en rien l’existence de l’équilibre sur le marché de travail. Il y aura au contraire un équilibre de sous-emploi.
  123. 123. i LM i IS Y PEY Y Équilibreconjoint sur les deux marchés de biens et services et monétaire.
  124. 124. Le point d’intersection entre les deux courbes (qui sont des droites) représente le couple unique de valeurs de Y et de i assurant à la fois l’équilibre sur le marché des produits (biens et services) et sur le marché de la monnaie ; selon les intuitions de Keynes, il s’agit bien de l’équilibre de sous emploi ; YYPE  étant l’écart déflationniste (de récession ou de chômage). Cette situation de l’équilibre de sous emploi a été remarqué par Keynes dans les années 1930 aux Etats-Unis et en Europe. Pourquoi cet équilibre est-il stable ? Pourquoi le déséquilibre sur le marché de l’emploi ne se résout-il pas de lui-même ? 3.1. La rigidité des salaires à la baisse est-elle responsable du chômage ? Le profit des entreprises est le suivant :
  125. 125. wNpQ ; En d’autres termes, le profit est égal à la quantité Q multipliée par le prix p ; le tout diminué du salaire versé w multiplié par la quantité de travail N. Les profits seront maximums pour un nombre de travailleurs employés tels que ,0/  dNd soit : 0;Npf w   c’est-à-dire, le prix multiplié par la productivité marginale de travail moins le salaire est égal à zéro. Dans ce cas, le prix de vente est égal au coût de revient. Cette dernière équation peut s’écrire de la manière suivante : Nf p w  ; p w étant le salaire réel.
  126. 126. La condition de maximisation du profit indique donc qu’il doit y avoir égalité entre le salaire réel et la productivité marginale du travail. Comme la productivité marginale du travail diminue avec l’emploi ( 0Nf ), il s’ensuit que l’accroissement de l’emploi nécessite l’abaissement du salaire réel (la relation entre le nombre de travailleurs demandés DN et le salaire réel est représentée par une droite sur le graphique ci-dessous).
  127. 127. p w 1       p w        p w fNO        p w        p w N D  1 DN  N 1 ON N Équilibresur le marché dutravail et positionnéoclassique.
  128. 128. Nous avons :         p w ND  avec 0 ; cela veut dire que la demande du travail (qui émane des entreprises) est fonction décroissante du salaire réel ;         p w fNO avec 0f ; cela veut dire que l’offre du travail (qui émane des travailleurs) est fonction croissante du salaire réel. Il y a équilibre sur le marché de l’emploi pour un niveau de salaire réel .        p w
  129. 129. Explication du graphique : Au niveau du salaire , 1       p w la quantité de travailleurs demandée par les entreprises est 1 DN inférieure à l’offre de travail 1 ON ; il y a donc une situation d’insuffisance de la demande (ou d’excès d’offre) ; le nombre de travailleurs désireux de travailler au taux de salaire considéré est supérieur au nombre de postes de travail proposés par les entreprises à ce même niveau de salaire. Cette situation doit se résoudre par une diminution du prix : quand le salaire est revenu au niveau ,        p w le marché se trouve en équilibre ; le chômage a disparu par l’ajustement qui s’est produit sur le niveau du salaire réel. Pour les néoclassiques, ce sont les rigidités du salaire à la baisse qui sont responsables du chômage ; le salaire est très élevé, les organisations syndicales trop exigeantes (rigidités institutionnelles) ; l’ajustement à la baisse du salaire ne pouvant être réalisé, il apparaît un chômage : il s’agit du chômage « volontaire » car les travailleurs n’acceptent pas de travailler avec un salaire qui reflète la situation du marché du travail ; d’où un chômage 1 DN 1 ON .
  130. 130. 3.2. La position de Keynes La rupture essentielle avec la théorie néo-classique est que Keynes constate que les contrats de salaire portent sur les salaires nominaux et non sur les salaires réels. L’offre de travail dépend donc du salaire nominal )( 0w et non du salaire réel )/( 00 pw où 0p est le niveau des prix. Au niveau du salaire )( 0w , l’offre du travail est infiniment élastique entre 0 et . N Ce qui signifie qu’en dessous de ce seuil, le salaire nominal )( 0w et donc le salaire réel )/( 00 pw sont indépendants du niveau de l’emploi ; une baisse de l’emploi est sans conséquence sur le salaire. Par contre, bien que le salaire monétaire ne puise diminuer, il augmentera quand tous ceux désireux de travailler à 0ww  auront été employés et que davantage de travailleurs sont nécessaires. En conséquence, la courbe d’offre de travail est fortement croissante au-delà de . N Sur le graphique ci-dessous, la courbe de demande de travail coupe la courbe d’offre dans sa portion horizontale ; il est tentant (séduisant) de voir dans l’écart  NN1 une mesure de chômage, du nombre de travailleurs souhaitant travailler à ce niveau de salaire )( 0w et ne trouvant pas de travail.
  131. 131. p w        0p w fN O 0 0 p w        0p w ND  1 N  N N Équilibre surle marchédu travail et positionnéoclassique.
  132. 132. Deux remarques quant à la position réfutable de l’approche néoclassique de Keynes peuvent être avancées : non seulement Keynes ne dit pas qu’il faut que les salariés acceptent des baisses de salaire pour augmenter l’emploi mais il ajoute qu’il est heureux que les salariés s’opposent aux réductions de salaire. A la différence de l’analyse néoclassique, les causes de chômage se situent non sur le marché de l’emploi, mais sur celui des biens et services et sur celui de la monnaie ; en opposition avec ses prédécesseurs néoclassiques, Keynes affirme que l’essentiel du chômage ne peut être considéré comme « volontaire » mais au contraire « involontaire ».
  133. 133.        0p w fN O p w        0p w fN O DN 0 0 p w p w  0 1 N 2 N  N N Équilibre sur le marchédu travail et positionkeynésienne.
  134. 134. Selon Keynes : « il existe des chômeurs involontaires si, en cas d’une légère hausse du prix des biens de consommation ouvrière par rapport aux salaires nominaux, l’offre globale de main d’œuvre disposée à travailler aux conditions courantes de salaire et la demande globale de main d’œuvre aux mêmes conditions s’établissent toutes deux au-dessus du niveau antérieur de l’emploi ». Explication du graphique : Que se passe-t-il s’il y a une légère hausse du prix des biens de consommation ouvrière de 0p à p ? Les salaires nominaux restant constants, la courbe d’offre de travail ON se déplace vers le bas, la courbe de demande de travail DN reste au même niveau. Dans ces conditions, la quantité de main-d’œuvre utilisée est plus élevée que dans le cas précédent );( 12 NN  dans ce cas il existait bien du « chômage involontaire ». Envisageons maintenant une situation, représentée sur le graphique suivant :
  135. 135. NO p w DN 0 0 p w N’O p w  0 DN  2 N 1 N  N N Hausse des prix, impact sur la demande du travail selon les néoclassiques.
  136. 136. Explication : La légère hausse du prix des biens de consommation ouvrière entraîne comme dans le cas précédent, un déplacement vers le bas de la courbe d’offre de travail ; mais la courbe de demande de travail se déplace également vers la gauche (en DN  ) car la hausse des prix des biens de consommation ouvrière a réduit le pouvoir d’achat des travailleurs et donc la demande de biens de consommation (la courbe de demande de travail n’est qu’une courbe de demande dérivée : les entreprises ne demandent de travail que parce qu’il y a une demande de biens à satisfaire). La quantité de travail effectivement employée après cette double modification est ici encore 2 N mais cette fois on a ;12 NN  ici il n’y a donc pas de chômage involontaire. Autrement dit, la seule observation de la situation initiale des courbes ne permet pas de déduire l’existence de chômage involontaire.
  137. 137. 3.3. L’inefficacité de la politique néoclassique des ajustements par les prix Le retour au plein emploi selon les néoclassiques ne peut se faire que par la baisse des prix sur tous les marchés. Il s’agit d’une baisse profitable pour les salariés puisque ceux-ci peuvent demander plus de biens et services sur le marché des produits. Ceci peut engendrer une augmentation de production. Le graphique suivant montre à travers les courbes IS/LM comment on parvient à augmenter le niveau de l’emploi et de revenu (en particulier le salaire réel, c’est-à-dire, le pouvoir d’achat des travailleurs).
  138. 138. LM0 i LM1 LM2 IS 0Y 1Y 2Y PEY Y L’influence de l’expansion monétaire sur la baisse desprix et l’augmentation de l’emploi.
  139. 139. Explication du graphique : Le déplacement de la courbe LM n’est pas synonyme de l’expansion monétaire. La baisse des prix a engendré une augmentation de l’encaisse réelle (M/p). Ceci veut dire tout simplement que le pouvoir d’achat des consommateurs a augmenté. Ceci peut se réaliser à condition qu’il n’y ait pas d’illusion monétaire (c’est-à-dire, une baisse des prix qui est suivie d’une baisse des salaires plus importante). La position keynésienne est que cette politique de baisse des prix ne peut être efficace à cause de la trappe à la liquidité (causée par un niveau le plus bas de taux d’intérêt). Ceci a pour conséquence la rigidité de l’investissement ou son inélasticité.
  140. 140. i LM0 LM1 LM2 Y PEY Y L’inefficacité de la baisse des prix selon les keynésiens.
  141. 141. Explication du graphique : A un certain seuil de taux d’intérêt, le plus faible (le minimum qui correspond à la trappe à la liquidité), toute baisse de prix devient inefficace car deux phénomènes peuvent en résulter : baisse de la consommation suite à la baisse des revenus à cause du niveau bas des taux pratiqués sur les placements à termes et à cause aussi du manque de confiance dans l’achat des obligations à prix très élevés ; baisse de l’investissement qui provient notamment du manque de confiance de public dans le système de production et d’épargne. La solution keynésienne, en matière de politique économique, consiste alors non pas à faire baisser les prix, mais faire augmenter les quantités. C’est donc le principe de soutien à la demande effective. A cet effet, deux politiques peuvent être à l’origine de cette politique économique : la politique budgétaire (et fiscale) et la politique monétaire (et financière).
  142. 142. Cas N° 4 Soit une économie keynésienne fictive se caractérisant par les relations entre les variables macroéconomiques exprimées dans les équations suivantes: 0 0 0 1 2 0,7 150 5880 350 550 750 7500 ( ) 1,5 ( ) 7350 150 d S C Y I i G G T T M M L Y Y L i i               a. Déterminer l’équation de la droite IS. b. Déterminer l’équation de la droite LM. c. Montrer que le couple d’équilibre de cette économie est (Y* = 108,37 ; i* = 8,37%). En supposant qu’un revenu d’équilibre de 300 permettrait d’employer la totalité du capital humain de cette économie, une politique monétaire expansive augmentant l’offre de monnaie de : 150SM   suffirait-elle à résorber totalement le chômage involontaire ?
  143. 143. Correction Cas N° 4 : a. Il faut tout d’abord définir les fonctions des courbes (droites dans notre cas) IS et LM : - la droite IS est l’ensemble des couples Taux d’intérêt/Revenu pour lesquels le marché des Biens et Services est à l’équilibre. Sur ce marché, le Taux d’intérêt est la variable déterminante et le Y la variable déterminée : lorsque le Taux d’intérêt varie, cela influence l’investissement et de facto le revenu. - IS : Y = C + I + G 0 0 0 0 0 0 ( ) (1 ) (1 ) Y C c Y T I gi G c Y C I G cT gi C I G cT gi Y c                  
  144. 144. La courbe IS peut s’interpréter ici de deux manières équivalentes : Interprétation keynésienne : C’est le niveau de produit (ou de revenu) Y qui équilibre le marché des biens étant donné le niveau de taux d’intérêt i. C’est alors le niveau de l’épargne S qui s’ajuste au niveau de l’investissement I afin que soit respectée l’égalité comptable Y = C + I + G, c'est à dire, S = I + (G - T). Interprétation néoclassique : C’est le niveau du taux d’intérêt i qui équilibre le marché des biens étant donné le niveau du produit (ou de revenu) Y. C’est alors le niveau de l’investissement I qui s’ajuste au niveau de l’épargne S afin que soit respectée l’égalité comptable Y = C + I + G, cd, S = I + (G - T). Application numérique : 150 350 550 0, 7 750 5880 (1 0, 7) 525 5880 1750 19600 0, 3 1750 19600 i Y i Y i Y i             
  145. 145. b. - la droite LM est l’ensemble des couples Taux d’intérêt/Revenu pour lesquels le marché de la monnaie est en équilibre. Comme Y est déterminé sur le marché des biens et services, sur le marché monétaire, le Taux d’intérêt devient la variable endogène (déterminée) et Y la variable exogène (déterminante) : lorsque Y varie, la demande de monnaie de transaction en est affectée, ce qui se répercute sur le Taux d’intérêt. La demande de monnaie : (elle peut s’exprimer aussi en termes réels L/P et on peut des fois lui adjoindre une demande incompressible de monnaie (L0), donc, elle peut finalement s’écrire : ). L’offre de monnaie est parfaitement exogène : Bank Al c'est à dire en assure parfaitement le contrôle :
  146. 146. 0 1 2 2 0 1 ( ) ( ) ( ) ( ) S D S S M M P P M L L Y L i P M L i L L Y P        L’équilibre sur le marché de la monnaie est alors celui qui assure l’égalité entre l’offre de monnaie réelle et la demande de monnaie réelle :
  147. 147. Si 2 0,L  on aboutit alors à l’expression de la courbe LM (qui est un ensemble de points exprimant les couples (i, Y)) suivante : 0 1 2 2 2 1 SL ML i Y L L L P     Application numérique : 7500 1,5 7350 150 0,01 1 100 100 S DM M Y i i Y Y i         c. Pour montrer que le couple (Y* = 108,37 ; i* = 8,37%) est l’équilibre de cette économie à travers sa représentation par le modèle IS/LM, il suffit d’égaliser les deux équations des deux courbes IS et LM. En effet, on a :
  148. 148. : 1750 19600 0,0837 8,37% 108,37 : 100 100 IS Y i i Y LM Y i          d. Pour répondre à cette question, il faut tout d’abord définir le chômage volontaire. Ce dernier désigne une situation dans laquelle l’individu accepterait de travailler au salaire existant (courant, d’équilibre), mais ne se trouve pas à être embauché. Pour les néoclassiques, une réduction supplémentaire du salaire d’équilibre conduirait automatiquement à une réduction du chômage involontaire. Pour les économistes keynésiens, cette solution n’est valable qu’en équilibre partiel (sur un seul marché, celui de l’offre et de la demande du travail), ne durera que brièvement, ne touchera en réalité que très peu d’actifs au chômage. Elle est donc tronquée. Car, dès lors que cette situation n’a plus cours, la baisse du salaire peut affecter la demande globale et conduire les entreprises à licencier. De même, il semble logique selon les keynésiens que la source du chômage ne se trouve pas sur le marché du travail ; il faut la situer sur les marchés des biens et services et de la monnaie.
  149. 149. Alors, si nous utilisons l’arme monétaire en augmentant l’offre de monnaie afin de réduire les taux d’intérêt et de relancer l’activité à travers la relance de la demande effective dans sa composante essentielle, c’est-à-dire, l’investissement. Donc, désormais, SM augmentera de 150 et passera à: 0 7650SM M  Retrouvons donc le nouvel équilibre sur le marché de la monnaie : 7650 1,5 7350 150 0,01 2 200 100 S DM M Y i i Y Y i        
  150. 150. Nous cherchons maintenant le nouvel point d’équilibre correspondant à l’intersection entre la courbe IS et la courbe LM. Nous égalisons en effet les deux équations des deux courbes IS et LM. On a : : 1750 19600 0,0794 7,94% 207,94 : 200 100 IS Y i i Y LM Y i          Nous constatons que cette expansion monétaire de 150 qui a permis effectivement une baisse de taux d’intérêt de 0,43% n’a pas suffit à atteindre le niveau du revenu souhaitable (300), càd, celui permettant le plein emploi du facteur travail.
  151. 151. Chapitre 4. Le modèle IS/LM en Économie Ouverte

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